Conférence « L'économie des arts en temps de crise » organisée par Culture Montréal

Montréal (Québec)
Le 20 novembre 2009

À VÉRIFIER AU MOMENT DE L'ALLOCUTION

Mesdames et messieurs, bonjour.

C'est toujours un plaisir pour moi de revenir à Montréal et de revoir des acteurs clés des milieux culturels montréalais et canadien. J'en profite pour féliciter Simon Brault du succès que connaît son livre Le facteur C. Je suis d'accord avec lui pour dire que l'avenir passe par la culture.

Vous avez sûrement, comme moi, pris connaissance des résultats de l'étude menée l'été dernier par les HEC pour comprendre les effets de la crise économique sur le secteur culturel du Québec. Je tiens à saluer Johanne Turbide et André Courchesne, qui nous présenteront leur rapport aujourd'hui.

J'aimerais tout d'abord faire moi-même une présentation pour vous donner une idée de l'état actuel du secteur culturel au Canada. (Présentation de 4 minutes)

Le secteur culturel touche toutes les provinces et tous les territoires. Il touche les collectivités de toutes les tailles. Les résidants de Montréal comprennent l'importance d'avoir une communauté artistique dynamique.

Le travail de Culture Montréal et de ceux qui ont participé à son Rendez-vous de 2007 « Montréal métropole culturelle », la création du Quartier des spectacles et la présence de grandes écoles de formation en arts sont autant de témoignages de la place qu'occupe la culture dans le coeur des Montréalais.

C'est aussi vrai pour l'ensemble des Québécois. En effet, un grand nombre de villes du Québec offrent une programmation unique. La ville de Québec est reconnue dans le monde entier pour son carnaval d'hiver et son festival d'été. Trois-Rivières, capitale culturelle du Canada de cette année, est devenue un espace de poésie par excellence. Et les cinéphiles avertis se rendent maintenant à Rouyn-Noranda pour participer à un festival unique au Canada.

Voilà quelques exemples parmi tant d'autres qui illustrent bien que vous appuyez la création. Vous avez une communauté artistique qui fait de votre ville et de votre province un endroit où il fait bon vivre et travailler. J'irai même plus loin : votre communauté artistique vous aide à attirer et à conserver des personnes énergiques et entreprenantes qui favorisent le succès des collectivités partout au Québec.

Je tiens à remercier Culture Montréal et les HEC de m'avoir offert cette occasion de vous parler des mesures que notre gouvernement a prises pour appuyer les arts et la culture au Canada, et de vous exposer nos plans.

Nous connaissons actuellement une véritable transformation du monde des communications. Cette transformation, combinée à notre période d'incertitude économique, a perturbé les modèles d'affaires habituels.

Voilà maintenant un an que je suis le ministre responsable du patrimoine canadien. Beaucoup de choses se sont passées au cours de cette année, particulièrement dans le secteur culturel.

Mon tout premier engagement était de tenir des tables rondes, et la première table ronde s'est déroulée ici, à Montréal, avec l'aide de Simon Brault. Durant cette rencontre, vous m'avez dit que vous vouliez des investissements protégés et un accès à un financement stable à long terme. C'est deux choses que nous avons réalisées.

Par ailleurs, au cours de l'année, nous avons vu que les Canadiens se tournent de plus en plus vers des appareils portatifs pour naviguer dans Internet et pour regarder ce qu'ils veulent quand bon leur semble. Ils consomment plus de contenu médiatique que jamais, souvent par des mécanismes qui n'existaient pas voilà quelques années.

Sur le plan technique, le rythme de l'évolution est à couper le souffle. Ce qui était à la fine pointe de la technologie voilà quelques années est devenu courant.

Toute cette transformation a eu des effets sur les arts et la culture ainsi que sur la façon dont notre gouvernement les appuie.

Au cours de l'année, nous avons suivi une voie qui permettra aux entreprises culturelles de s'adapter au nouvel environnement. Nous avons modernisé plusieurs programmes. Bien entendu, nous continuerons de soutenir les modèles d'affaires habituels qui fonctionnent. Mais nous voulons aussi encourager le secteur à saisir les avantages offerts par les plateformes émergentes.

Par exemple, le Fonds des médias du Canada résulte de la fusion de deux programmes. Ce partenariat public privé novateur soutiendra une démarche moderne et efficace de production et de distribution d'émissions canadiennes sur toutes les plateformes. Au cours de l'année prochaine, le gouvernement consacrera 310 millions de dollars à l'atteinte de cet objectif.

Nous venons aussi d'annoncer le financement de programmes qui soutiennent la musique, les périodiques et les livres de chez nous, en mettant l'accent sur les technologies numériques. Les Canadiens veulent avoir accès à de tels produits, qu'ils soient conventionnels ou virtuels.

Nous avons modifié nos programmes d'appui aux arts pour que les Canadiens continuent d'avoir accès à des manifestations artistiques. Parallèlement, nous avons fait des changements pour aider nos industries culturelles à être présentes sur les marchés internationaux et les plateformes numériques.

En tant que gouvernement, nous voulons nous assurer que notre démarche législative et réglementaire vient appuyer l'entreprise privée. Nous voulons que les entreprises canadiennes puissent profiter de la révolution numérique, et ce, tant sur le plan de la propriété intellectuelle que sur celui de la consommation et la distribution des produits.

C'est pourquoi, au cours de l'été, nous avons organisé des consultations pancanadiennes sur la réforme du droit d'auteur, ce qui inclut une assemblée publique ici à Montréal.

La technologie numérique nous permet de faire du Canada une plaque tournante de l'innovation. Et toutes les parties intéressées sont responsables de réaliser ce potentiel. Le Canada peut et doit être à l'avant garde de la révolution numérique.

Les changements dans le monde des communications nous permettent de nous ouvrir sur le monde, de mettre en marché nos créations et de voir nos idées prendre leur envol.

Oubliez le marché de 30 millions de Canadiens ou celui de 300 millions d'Américains. La nouvelle technologie nous permet de vendre nos produits aux consommateurs du monde entier. C'est d'ailleurs crucial pour les artistes et les créateurs francophones qui peuvent rejoindre non seulement les consommateurs de la francophonie canadienne, mais ceux de la Francophonie internationale.

Je crois que les industries canadiennes de la créativité ont devant elles d'immenses possibilités. Pour en profiter, nous devons accueillir la révolution numérique à bras ouverts.

Lorsque nous parlons d'innovation, je pense à l'Office national du film du Canada, qui fait un travail formidable. L'an dernier, l'ONF a mis en ligne près de 900 films sans frais. Encore récemment, il a lancé une application iPhone gratuite. Le Musée virtuel du Canada est un autre exemple de la technologie au service des Canadiens.

Comme je l'ai dit, nous avons modernisé nos programmes d'appui à la culture dans le but de saisir les possibilités offertes par les plateformes multimédias.

Notre soutien n'est pas de la charité, mais bien un investissement judicieux dans notre avenir économique et culturel. Lorsque plus de Canadiens consomment plus d'art et de culture, cela augmente l'activité économique de ce secteur et de l'ensemble du pays.

Voilà pourquoi dans le Plan d'action économique du Canada, nous avons annoncé notre intention d'investir plus d'un demi milliard de dollars dans les arts et la culture. Cette somme comprend des investissements qui vont directement aux artistes et aux établissements culturels canadiens.

Cette somme comprend aussi 60 millions de dollars répartis sur deux ans pour financer l'amélioration, la rénovation et la construction d'infrastructures artistiques et culturelles. Notre gouvernement vient ainsi d'accorder plus de 2 millions de dollars au Théâtre de La Manufacture pour son projet d'agrandissement du Théâtre La Licorne. De même, nous versons près de 2 millions de dollars au Théâtre du Nouveau Monde pour son projet de mise à niveau du théâtre.

À ces exemples s'ajoute une contribution de près de 3,5 millions de dollars à la Société des Arts Technologiques pour agrandir son édifice et acheter de l'équipement spécialisé. Une fois complété, le projet offrira aux Canadiens un centre international et autonome qui sera voué au développement, à la recherche, à la formation et à la diffusion de la culture numérique au coeur même du Quartier des spectacles.

De plus, cette année, notre gouvernement a annoncé plus de 875 millions de dollars d'investissements renouvelés dans les arts et la culture au cours des cinq prochaines années.

Sur la scène régionale, ces fonds aideront des organismes qui contribuent à la vitalité culturelle de votre ville. Je pense notamment aux écoles de formation en art, dont l'École nationale de théâtre du Canada, l'École nationale de cirque et l'École nationale de l'humour.

Afin de souligner le 50e anniversaire du Conseil des Arts du Canada, nous lui avons accordé le budget le plus élevé de son histoire, grâce à une hausse de 20 p. 100 par rapport à 2006.

Permettez-moi de me répéter : dans les quatre derniers budgets, notre gouvernement a continuellement augmenté son appui aux arts et à la culture.

Grâce aux investissements de notre gouvernement, nos artistes et nos organismes artistiques peuvent planifier leurs activités à long terme et continuer à nous offrir des œuvres qui font la fierté des Québécois et de l'ensemble des Canadiens.

Tout en continuant d'investir partout au pays, nous allons compter sur les Canadiens, dont les membres de Culture Montréal, pour soutenir un secteur qui contribue tant à notre société, à notre économie et à notre compétitivité dans un marché mondial et numérique.

Avant de conclure, voici une illustration de la façon dont notre gouvernement investit dans plusieurs de nos industries culturelles (présentation d'une carte) :

    • Nous investissons dans l'infrastructure culturelle, les écoles de formation en arts et les musées. Notre soutien va directement à des organismes qui donnent aux Canadiens un accès aux arts de la scène, aux arts visuels, aux arts médiatiques et aux collections muséales. Par exemple, nous avons investi dans :
        • le Musée de la civilisation et l'exposition virtuelle sur la Place-Royale à Québec

        • le Quartier des spectacles à Montréal

      • la Royal Winnipeg Ballet School à Winnipeg

    • Notre gouvernement appuie les producteurs de films et les activités qui font la promotion de nos films. Nous soutenons aussi le perfectionnement des nos créateurs. Grâce à celà, nous pouvons voir des films comme :
        • De père en flic (avec Michel Côté et Louis-José Houde)

        • Ce qu'il faut pour vivre (Meilleur film aux Jutra de 2009)

        • Passchendaele (Meilleur film aux Genie Awards de 2009)

      • One week (de Joshua Jackson)

    • Du côté de la musique, nous soutenons nos artistes eux-mêmes ainsi que les maisons de production et de diffusion qui nous donnent accès aux oeuvres d'artistes canadiens comme :
        • Coeur de pirate (chanteuse montréalaise)

        • Sam Roberts (chanteur montréalais)

        • The Stills (groupe originaire de Montréal)

      • Dallas Green, chanteur de City and Colour, gagnant d'un Juno en 2009 (originaire de St. Catharines)

    • Nous voulons une industrie du livre et des périodiques solide. C'est pourquoi nous soutenons nos créateurs et nos maisons d'édition qui font paraître des publications comme :
        • de grands magazines canadiens comme L'Actualité, MacLeans et Walrus

        • les oeuvres de Dany Laferrière, lauréat du prix Médicis de cette année pour son livre L'énigme du retour (paru aux Éditions Boréal)

        • le récent livre de Simon Brault, Le facteur C (paru aux Éditions Voix parallèles)

      • le livre Harvey écrit par Hervé Bouchard et illustré par Janice Nadeau, lauréats des Prix littéraires du gouverneur général remis mardi dernier (paru aux Éditions de la Pastèque)

  • Enfin, du côté des festivals et des séries de spectacles, l'appui de notre gouvernement permet la tenue de rencontres culturelles comme :
      • les Francofolies (Montréal)

      • le Festival Juste pour rire (Montréal)

    • le Festival des musiques de création (Saguenay-Lac-Saint-Jean)
Merci.