Dîner organisé par la Chambre de commerce de Calgary

Calgary (Alberta)
Le 13 novembre 2009

Mesdames et messieurs, bonjour. Et je vous remercie de cette cordiale présentation.

Je constate que mon homologue provincial est parmi nous aujourd'hui. Le député à l'assemblée législative pour Calgary-North West et ministre de la Culture et de la Solidarité locale, M. Lindsay Blackett. C'est un plaisir de vous revoir.

Je suis heureux d'être à Calgary, site des 24e Prix gémeaux demain soir, pour vous parler du secteur canadien de la culture.

J'aimerais tout d'abord faire une brève présentation pour vous donner une idée de l'état actuel du secteur culturel au Canada.

(Présentation de 3 à 4 minutes)

Le secteur culturel touche toutes les provinces et tous les territoires, ainsi que les collectivités de toutes les tailles.

Le Canada regorge de gens créatifs d'un bout à l'autre du pays, de l'Arctique aux Prairies, de Port Moody à Bonavista.

Leurs œuvres nous font réfléchir et reflètent le monde dans lequel nous vivons. Elles constituent un volet important de notre riche patrimoine : nos origines autochtones, nos racines françaises, anglaises et acadiennes, ainsi que notre diversité multiculturelle contemporaine.

De plus, les arts et la culture ont des répercussions majeures sur notre économie.

Comme il a été démontré dans les diapositives, le secteur culturel a selon le Conference Board du Canada, en 2007, généré quelque 46 milliards de dollars d'activité économique. Il s'agit presque de 4 p. 100 de notre produit intérieur brut. Le secteur culturel emploie plus de 650 000 personnes partout au pays.

Étant donné que l'importance économique des arts et de la culture représente trois fois la taille de l'industrie de l'assurance du Canada et deux fois la taille de notre industrie forestière, on ne peut pas la sous-estimer. On devrait la mettre en valeur en tant que raison pour des investissements importants et continus.

Soutenir les arts est important pour notre reprise économique.

Les résidants de Calgary comprennent parfaitement l'importance d'avoir une communauté artistique dynamique. Selon une étude de Statistique Canada sur les dépenses des consommateurs en culture, les gens de Calgary se trouvent au troisième rang, légèrement sous Ottawa et Victoria, toutes deux des capitales.

Vous appuyez la danse, la musique et le théâtre locaux ainsi que les écoles de formation en art de la région, comme l'Alberta College of Art and Design, qui s'est taillé une réputation internationale.

Vous êtes les plus grands amateurs de cinéma au Canada et parmi les lecteurs les plus avides.

Vous avez une communauté artistique qui fait de votre ville un endroit où il fait bon vivre et travailler. J'irai même plus loin : votre communauté artistique vous aide à attirer et à conserver des personnes énergiques et entreprenantes qui favorisent le succès de votre ville.

Je tiens à remercier la Chambre de commerce de Calgary de m'avoir offert cette occasion de vous parler des mesures que notre gouvernement a prises pour appuyer les arts et la culture au Canada, et de vous exposer nos plans d'avenir.

Permettez-moi de commencer avec une déclaration assez générale : il n'y a jamais eu de meilleure époque qu'aujourd'hui pour être en vie.
Nous n'avons jamais eu autant de choix.
Nous n'avons jamais eu autant de possibilités.
Nous n'avons jamais eu autant de commodités liées à la technologie.
Il n'y a jamais eu plus d'occasions pour ceux qui travaillent dans l'économie créative.

Donc, qu'est-ce l'économie créative ?

L'auteur George Will, récipiendaire d'un prix Pulitzer, l'a un jour brillamment et simplement décrit.

Will, qui a 68 ans cette année, rédige encore ses reportages à la main en utilisant un stylo Mont Blanc.

Dans une entrevue, il décrivait comment il écrit : il prend une feuille de papier et un stylo, il tire de l'encre de son stylo et avec le mouvement de sa main et le pouvoir de son intellect, il crée un paragraphe, puis un autre, et son argumentation devient un reportage.

Ensuite, il présente sa création et ses arguments au monde, qui sera d'accord ou non avec lui, qui répondra, réfutera, le félicitera et, de cette façon, il contribuera au capital social et intellectuel de notre société.

Deux instruments, un stylo et un papier, ont créé quelque chose à partir de rien, pour le gain économique et social de notre société : la véritable définition du capitalisme et de la création de richesses.

VOICI l'économie créative.

Donc que devrait faire le gouvernement?

Que pouvons-nous faire ?

Je suis le ministre responsable du Patrimoine canadien depuis environ un an et dans tout ce que je fais, je cherche les meilleures manières d'aider et d'appuyer la remarquablement forte et diverse économie créative du Canada.

Par l'entremise des changements technologiques, nous voyons que les Canadiens se tournent de plus en plus vers des appareils portatifs pour naviguer dans Internet et pour regarder ce qu'ils veulent quand bon leur semble. L'application iPhone de la CBC est présentement la plus populaire parmi la catégorie des nouvelles de iTunes et la troisième au palmarès général.

Nous avons vu la prolifération des baladodiffusions et des sites comme YouTube, Facebook et Twitter.

Nous avons vu que les Canadiens consomment plus de contenu médiatique que jamais, souvent par des mécanismes qui n'existaient pas voilà quelques années.

Nous avons vu les répercussions de cette évolution sur les entreprises traditionnelles.

Sur le plan technique, le rythme de l'évolution est à couper le souffle. Ce qui était à la fine pointe de la technologie voilà quelques années est devenu courant.

Toute cette transformation a eu des effets sur les arts et la culture ainsi que sur la façon dont notre gouvernement les appuie.

Au cours de l'année, nous avons suivi une voie qui permettra aux entreprises culturelles de s'adapter au nouvel environnement.

Ce faisant, nous avons placé l'accent sur les besoins des Canadiens en tant que créateurs, consommateurs et citoyens, et nous continuerons à le faire.

Je suis déterminé à travailler avec les industries culturelles pour qu'elles aient les outils dont elles ont besoin pour saisir les occasions incomparables que nous apporte la révolution numérique.

Les créateurs ont besoin d'un bon environnement et de conditions qui facilitent leur travail pour créer des produits innovateurs et les distribuer sur toutes les plateformes imaginables. Ils doivent avoir les bons outils pour percer sur les marchés internationaux et élaborer de nouveaux modèles d'affaires.

Voilà pourquoi notre gouvernement a récemment modernisé plusieurs programmes pour aider l'industrie en cette période de changements. Bien entendu, nous continuerons de soutenir les modèles d'affaires habituels qui fonctionnent. Mais nous voulons aussi encourager le secteur à saisir les avantages offerts par les plateformes émergentes.

Par exemple, le Fonds des médias du Canada résulte de la fusion de deux programmes. Ce partenariat public privé novateur soutiendra une démarche moderne et efficace de production et de distribution d'émissions canadiennes sur toutes les plateformes. Au cours de l'année prochaine, le gouvernement consacrera 310 millions de dollars à l'atteinte de cet objectif.

Nous venons aussi d'annoncer le financement de programmes qui soutiennent la musique, les périodiques et les livres de chez nous. Les Canadiens veulent avoir accès à de tels produits, qu'il s'agisse de produits conventionnels comme un abonnement à des magazines ou des livres, ou de produits virtuels sur leur baladeur, leur téléphone ou autre.

Nous avons modifié nos programmes d'appui aux arts pour que les Canadiens continuent d'avoir accès à des manifestations artistiques. Parallèlement, nous avons fait des changements pour aider nos industries culturelles à être présentes sur les marchés internationaux et les plateformes numériques.

Nous avons annoncé le lancement du nouveau Fonds interactif du Canada afin d'aider les organismes des communautés autochtones, ethnoculturelles, de langue officielle en situation minoritaire et sans but lucratif à profiter des avantages des outils numériques interactifs. Ce fonds aidera les communautés culturelles à créer des applications et du contenu en ligne.

En même temps, grâce au Fonds de développement culturel, nous appuyons et renforçons les arts, la culture et le patrimoine au sein des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Ce fonds aide les Canadiens de partout au pays à découvrir et à apprécier la diversité et la vitalité de la vie culturelle de ces communautés.

De plus, nous avons mis sur pied la Place de la francophonie pour assurer la présence du Canada français aux Jeux d'hiver de 2010. La Place de la francophonie offrira une vaste programmation, y compris des spectacles, des célébrations thématiques et des activités. La Place sera aussi l'un des sites officiels de l'Olympiade culturelle.

En tant que gouvernement, nous voulons nous assurer que notre démarche législative et réglementaire vient appuyer l'entreprise privée.

Nous voulons que les entreprises canadiennes puissent relever les défis et saisir les occasions que présente la révolution numérique, et ce, tant sur le plan de la propriété intellectuelle que sur celui de la consommation et la distribution des produits.

Au cours de l'été, nous avons organisé des consultations pancanadiennes sur la réforme du droit d'auteur. Pour ce faire, nous n'avons pas hésité à utiliser la technologie afin que le plus grand nombre de Canadiens possible puissent y participer. Les résultats ont de quoi nous impressionner :

  • 8 155 mémoires

  • 2 500 commentaires

  • 1 000 participants, en personne ou en ligne, à nos tables rondes et à nos assemblées publiques.



Les questions de droit d'auteur touchent le quotidien des Canadiens de partout au pays. Les commentaires que nous avons recueillis auprès d'eux nous permettront de présenter un projet de loi moderne sur le droit d'auteur, afin de placer le Canada à l'avant garde de l'économie numérique.

La présence d'un système moderne de communications numériques, essentiel à notre vitalité et à notre dynamisme économiques, dépend également d'une réglementation moderne et tournée vers l'avenir. Voilà pourquoi notre gouvernement accorde beaucoup d'importance, et continuera de le faire, aux efforts déployés par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, le CRTC, pour aborder les enjeux et répondre aux demandes de ce nouvel environnement.

À cette fin, le gouvernement a demandé au CRTC d'organiser des audiences et de formuler des recommandations sur l'incidence d'un régime d'indemnisation des stations de télévision locales sur les intérêts des consommateurs. Ce sera l'occasion pour le CRTC et l'industrie de la radiodiffusion de se tourner vers l'avenir et de trouver des solutions novatrices en ayant toujours à cœur les intérêts des consommateurs.

Dans le même ordre d'idées, notre gouvernement a pris une mesure importante pour tous les Canadiens en parvenant à une entente avec les radiodiffuseurs, les câblodistributeurs et les distributeurs satellitaires sur un enjeu de longue date, celui des Droits de licence de la partie II perçus par le CRTC. En vertu de cette entente, conclue le mois dernier, le CRTC élaborera un nouveau régime avant gardiste doté d'un plafond afin d'établir la stabilité et la prévisibilité nécessaires à l'industrie et à la protection des intérêts des Canadiens. En contrepartie, les membres de l'industrie de la radiodiffusion ont convenu de retirer leur poursuite contre le gouvernement du Canada qui remettait en cause la légitimité de ces droits de licence. Enfin, le gouvernement a convenu de ne pas exiger le paiement des droits impayés, qui s'élevaient à environ 450 millions de dollars.

Je mentionne cette entente, car c'est un bon exemple du consensus que peuvent atteindre des parties ayant des points de vue différents lorsqu'elles s'assoient à la table de négociations pour obtenir des résultats positifs pour tous les Canadiens.

Il est plus important que jamais d'avoir des émissions qui reflètent notre réalité, dans nos régions, et nos liens qui unissent les membres de nos collectivités. Toutefois, les émissions locales ne sont pas diffusées uniquement à la télévision conventionnelle. La technologie numérique a transformé notre façon de consommer l'information, et c'est l'industrie privée qui a la tâche de répondre aux attentes des gens. Pour cela, l'industrie doit investir les ressources humaines et financières nécessaires et saisir les occasions d'affaires que présente l'environnement numérique.

Pour les créateurs, consommateurs et citoyens que nous sommes, la technologie numérique a ouvert une porte. Elle nous permet de faire du Canada une plaque tournante de la créativité et de l'innovation. Et toutes les parties intéressées sont responsables de réaliser ce potentiel.

Le Canada peut être à l'avant garde de la révolution numérique, et devrait l'être. Notre gouvernement considère le Canada comme une plaque tournante de la créativité et de l'innovation. D'ailleurs, notre pays regorge de gens talentueux.

Les changements dans le monde des communications nous permettent de nous ouvrir sur le monde, de mettre en marché nos créations et de voir nos idées prendre leur envol.

Oubliez le marché de 30 millions de Canadiens ou celui de 300 millions d'Américains. La nouvelle technologie nous permet de vendre nos produits aux consommateurs du monde entier.

Je crois que les industries canadiennes de la créativité ont devant elles d'immenses possibilités qui n'attendent que d'être saisies. Mais afin d'en profiter, nous devons accueillir la révolution numérique à bras ouverts.

Lorsque nous parlons d'innovation, je pense tout de suite à l'Office national du film du Canada, qui fait un travail formidable. L'an dernier, l'ONF a mis en ligne près de 900 films sans frais. Encore récemment, il a lancé une application iPhone gratuite. Maintenant, qu'importe l'heure ou l'endroit, les gens de partout dans le monde ont accès à un volet important du patrimoine culturel canadien.

Le Musée virtuel du Canada est un autre exemple de la technologie au service des Canadiens. Muséevirtuel.ca donne aux visiteurs du pays, et du monde, la possibilité de visiter des expositions virtuelles provenant de centaines de musées canadiens. Ce musée utilise la puissance d'Internet pour apporter toute la richesse et la diversité de notre patrimoine dans nos foyers, nos écoles et nos lieux de travail.

Comme je l'ai dit, nous avons rationalisé et modernisé nos programmes d'appui aux arts dans le but de saisir les possibilités offertes par les plateformes multimédias.

Nous avons aussi pris des mesures sur d'autres fronts pour que les industries culturelles du Canada aient une solide fondation, une fondation qui leur permettra de mettre à profit le potentiel de la révolution numérique.

Nous savons qu'en aidant nos industries culturelles à améliorer leur potentiel financier, nous offrons aux Canadiens un meilleur accès à leur culture, aux films qu'ils regardent, aux livres et aux magazines qu'ils lisent et aux jeux vidéo auxquels ils jouent, pour ne nommer que ces exemples.

Notre soutien n'est pas de la charité, mais bien un investissement judicieux dans notre avenir économique et culturel. Lorsque plus de Canadiens consomment plus d'art et de culture, cela augmente l'activité économique de ce secteur et de l'ensemble du pays.

Les retombées économiques dépassent largement la vente de livres ou de billets de spectacle. Elles contribuent à l'adoption de nouvelles technologies, d'innovations et de nouveaux modèles d'affaires, ainsi qu'à une plus grande participation des citoyens.

Voilà pourquoi dans le Plan d'action économique du Canada, nous avons annoncé notre intention d'investir plus d'un demi milliard de dollars dans les arts et la culture. Cette somme comprend des investissements qui vont directement aux artistes et aux établissements culturels canadiens, comme les écoles de formation en art, dont l'exceptionnel Centre Banff.

Cette somme comprend aussi 60 millions de dollars additionnels répartis sur deux ans pour financer l'amélioration, la rénovation et la construction d'infrastructures artistiques et culturelles. Le gouvernement a ainsi accordé 2,3 millions de dollars à la Folk Festival Society de Calgary pour la construction d'une nouvelle salle de spectacles au centre ville.

De plus, cette année, notre gouvernement a annoncé plus de 875 millions de dollars d'investissements renouvelés dans les arts et la culture au cours des cinq prochaines années.

Sur la scène régionale, ces fonds aideront des organismes qui contribuent à la vitalité culturelle de votre ville, dont le EPCOR Centre for the Performing Arts, le International Children Festival, le One Yellow Rabbit Theatre, le Folk Music Festival et le Calgary Philharmonic.

Par ailleurs, les organismes culturels ont besoin de plusieurs piliers pour assurer leur prospérité. C'est pourquoi notre gouvernement veut encourager le secteur privé à financer les arts.

Nous avons mis en œuvre des exemptions d'impôts pour le don d'actions de sociétés cotées en bourse à des organismes charitables enregistrés, que nous avions annoncées dans notre Budget de 2006. Puis, dans le Budget de 2007, nous avons élargi cette mesure pour inclure le don d'actions à des fondations privées. Cette modification fondamentale de la législation fiscale fédérale incitera davantage les collectivités et les citoyens à soutenir les arts au pays.

Nous travaillons à d'autres moyens de rehausser le soutien du secteur privé aux arts. J'ai déjà mentionné le Fonds des médias du Canada, un exemple de partenariat public privé.

Le volet Incitatifs aux fonds de dotation du Programme de consolidation des arts et du patrimoine canadiens est un élément important de notre soutien aux organismes artistiques canadiens. Depuis 2006, notre gouvernement a investi plus de 44 millions de dollars dans les fonds de dotation des organismes artistiques. De plus, nous avons versé des fonds correspondant à près de 72 millions de dollars en dons du secteur privé, ce qui porte à 116 millions de dollars les sommes remises aux fonds de dotation de ces organismes. Depuis 2006, le gouvernement a versé 6,5 millions de dollars à des organismes de l'Alberta qui avaient recueilli 11 millions de dollars en dons du secteur privé.

À Calgary, nous avons versé des fonds correspondants aux dons faits par des citoyens, des entreprises et des groupes communautaires au EPCOR Centre for the Performing Arts et à la Calgary Philharmonic Society. Ces organismes comptent des partisans fidèles, dont probablement bon nombre d'entre vous.

Afin de souligner le 50e anniversaire du Conseil des Arts du Canada, nous lui avons accordé le budget le plus élevé de son histoire, grâce à une hausse de 20 p. 100 par rapport à 2006.

Grâce aux investissements de notre gouvernement, nos artistes et nos organismes artistiques peuvent planifier leurs activités à long terme. Ils peuvent continuer à créer, à produire et à présenter des œuvres innovatrices qui font la fierté de tous les Canadiens.

En allant de l'avant, notre gouvernement continuera à favoriser un environnement propice à des entreprises canadiennes dynamiques, créatives et innovatrices.

Nous sommes déterminés à faire des investissements ciblés pour soutenir nos industries de la création.

Tout en continuant d'investir dans chaque région du pays, nous allons compter sur les Canadiens, dont les membres de la Chambre de commerce de Calgary, pour soutenir un secteur qui contribue tant à notre société, à notre économie et à notre compétitivité dans un marché mondial et numérique.

Merci.