Congrès annuel de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec

Gatineau (Québec)
Le 4 mai 2009

Madame Samson,
Monsieur Roy,
Distingués invités et collègues parlementaires,
Chers amis, bonsoir.

On dit souvent que les Québécois et les Britanno-Colombiens ont bien des choses en commun. Cette amitié qui nous unit s'explique peut-être par le fait que beaucoup d'entre nous ont voyagé dans l'autre province pour apprendre un peu de notre langue seconde et beaucoup de la vie.

Pour ma part, plus je découvre le Québec, plus je rencontre les Québécois et plus je suis fasciné par leur créativité et leur ouverture sur le monde.

Dans le cadre de ce congrès, vous avez fait une belle place à l'effet qu'ont les nouvelles technologies sur votre industrie. Et avec raison. Ces dernières années, la technologie a changé la façon dont nous créons, obtenons et apprécions les œuvres cinématographiques et télévisuelles. De plus en plus, nous regardons nos émissions ou nos films préférés quand et où bon nous semble, sur la plateforme de notre choix.

Par exemple, j'aime bien écouter mon émission de radio préférée avec mon iPhone et les téléjournaux télévisés avec mon iPod. Voilà un bel exemple de l'évolution constante des préférences des gens à cet égard.

Bon nombre d'entre vous ont trouvé de nouveaux moyens de rejoindre un public avide de technologie. Les entreprises de médias interactifs connaissent aussi du succès. Vous devez continuer sur cette voie. L'innovation demeure la clé de votre succès.

Votre industrie est résolument créative et à l'avant-garde. Nous savons à quel point elle contribue à notre vitalité culturelle et économique, notamment par la création d'emplois de qualité. En 2007 2008, l'industrie canadienne de la production cinématographique et télévisuelle employait 131 800 personnes à temps plein au pays. De ce nombre, près de 40 000 emplois se trouvaient ici, au Québec. Au cours de la même période, la valeur des productions cinématographiques et télévisuelles a atteint la somme inégalée de 5,2 milliards de dollars.

Notre gouvernement appuie de diverses façons votre industrie, notamment par l'entremise du Fonds canadien de télévision et du Fonds des nouveaux médias du Canada.

Comme vous le savez, ces deux fonds seront fusionnés en un seul l'an prochain, soit le Fonds des médias du Canada. Notre investissement annuel de 134,7 millions de dollars sur deux ans, combiné à la contribution des entreprises de distribution par câble et par satellite, portera le budget total du Fonds des médias du Canada à plus de 310 millions de dollars en 2010.

Nous tous ici présents savons que l'avenir sera numérique. Notre gouvernement a choisi de créer ce nouveau fonds car nous sommes déterminés à aider les entrepreneurs canadiens à bien se positionner pour saisir les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies.

Le montant consacré à ce partenariat public-privé est un investissement et non une aumône. Nous accordons ce financement pour aider à maintenir et à édifier des industries viables qui contribuent à l'économie canadienne en plaçant les intérêts des Canadiens au premier rang.

Nous voulons ainsi assurer la stabilité d'un secteur important pour garantir que la création de contenu canadien ne soit pas menacée. Le Fonds aidera également à maintenir, voire à créer, des emplois partout au pays. En ces temps difficiles, il s'agit d'un appui primordial au sein de votre secteur. Toutefois, stabilité n'est pas synonyme de statu quo.

Je sais que vous appréciez le renouvellement du financement de notre gouvernement et notre engagement à l'égard de la stabilité de votre industrie. Et je suis certain que nous pourrons travailler ensemble afin de permettre aux Canadiens d'obtenir l'offre audiovisuelle qu'ils souhaitent, sur diverses plateformes.

Le Fonds des médias du Canada aidera les producteurs à se concentrer sur leur vrai travail, c'est à dire créer, divertir et rapprocher les Canadiens, et ce, tant en français qu'en anglais. Le changement apporte toujours sa part d'inquiétudes et d'incertitudes. Je sais que plusieurs s'interrogent sur l'incidence du nouveau Fonds sur les producteurs indépendants.

Notre gouvernement estime qu'un milieu qui encourage une saine compétition et la prise de risques favorisera aussi l'émergence des meilleures idées. Vous êtes bien placés pour profiter de ce nouvel environnement, compte tenu des progrès et des possibilités que les nouvelles technologies de distribution vous offrent. De plus, bien que l'admissibilité aux fonds soit étendue aux radiodiffuseurs affiliés et aux productions internes, ceci sera mis en œuvre graduellement pour garantir le succès ininterrompu du secteur de la production indépendante.

Notre gouvernement s'attend à ce que les cotes d'écoute demeurent un facteur dans l'allocation du financement dans le cadre du premier volet du Fonds des médias du Canada, comme cela est déjà le cas avec le Fonds canadien de télévision.

Notre gouvernement croit que les émissions peuvent être à la fois de très grande qualité et plaire à un large public. Nous croyons en la qualité du contenu canadien. Et nous savons à quel point ceux et celles qui le créent et le produisent sont talentueux.

En plaçant l'accent sur les productions que le grand public veut, le Fonds tirera profit du secteur créatif en favorisant une forte présence canadienne, grâce à des émissions faisant appel au talent des auteurs, des réalisateurs et des comédiens de chez nous. Bien sûr, le Fonds financera des productions en langues autochtones et en français, tout en respectant le caractère unique du marché francophone au Québec et dans le reste du pays.

Nous avons aussi confirmé que le Fonds des médias du Canada financera tous les genres précédemment financés par le Fonds canadien de télévision, c'est à dire les émissions dramatiques, les émissions pour enfants, les documentaires, les émissions consacrées aux arts de la scène et les émissions de variétés. Je tiens à souligner que les documentaires sont bel et bien admissibles.

Nous faisons des progrès vers l'établissement du nouveau conseil d'administration. Ses membres, qui seront des spécialistes de l'industrie, géreront efficacement nos fonds. Mais surtout, ils auront le regard tourné vers l'avenir, afin de s'assurer que le Fonds des médias du Canada contribue le plus efficacement possible à la production d'émissions canadiennes. Le conseil d'administration établira un processus officiel pour consulter toutes les parties intéressées de l'industrie afin d'établir les directives particulières du Fonds.

Dans un environnement où les technologies et les besoins des Canadiens évoluent rapidement, je suis persuadé que notre virage vers des plateformes multiples est non seulement désirable, mais nécessaire à la survie à long terme de la production de contenu canadien.

Votre secteur, tout comme l'ensemble du secteur culturel, revêt une bien trop grande importance au sein de notre culture et de notre économie pour qu'on se contente de sa simple survie. Compte tenu de la place de choix qu'occupe votre industrie dans notre vie, il faut aussi veiller à son essor.

Voilà pourquoi notre gouvernement continue d'investir massivement dans les industries culturelles, dont celle du film et de la télévision.

En fait, en plus d'un investissement de 1,1 milliard de dollars consenti à CBC/Radio-Canada, qui contribue à la viabilité de l'industrie canadienne du film et de la télévision, notre gouvernement a investi plus de 600 millions de dollars dans votre secteur en 2007-2008.

Ces investissements sont plus que synonymes de création et de maintien d'emplois. Au Québec, ils se traduisent en une capacité pour votre industrie de produire du contenu audiovisuel qui rassemble les gens et qui stimule notre imaginaire collectif. Ces œuvres ont une incidence sur notre société et sur nos grands débats.

Dans le récent Plan d'action économique du Canada, nous avons clairement souligné l'importante contribution du secteur culturel à la croissance et au dynamisme de l'économie canadienne.

Ce plan démontre l'engagement indéfectible de notre gouvernement envers votre secteur. Il prouve aussi que nous vous écoutons.

Je peux vous assurer que nous continuerons à soutenir votre industrie. Et comme je l'ai confirmé la semaine dernière au Comité permanent du patrimoine canadien, je peux aussi vous assurer que nous continuerons à appuyer la Société Radio-Canada, avec qui plusieurs d'entre vous collaborent.

En tant que ministre des Langues officielles, je suis particulièrement sensible à l'importance du rôle que joue la Société Radio-Canada auprès des francophones du pays.

J'ai réitéré à plusieurs reprises l'appui de notre gouvernement au radiodiffuseur public qu'est CBC/Radio-Canada.

À mes yeux, l'investissement de 1,1 milliard de dollars est suffisant pour permettre à la Société de respecter son mandat et d'offrir aux Canadiens une programmation dont le contenu reflète nos valeurs et notre réalité.

En terminant, permettez-moi de saluer les représentants de l'Office national du film et de Téléfilm Canada, deux joueurs importants qui soutiennent l'innovation, afin que votre industrie puisse demeurer l'un des piliers de notre croissance économique.

Je tiens aussi à féliciter les producteurs et tous ceux et celles qui ont travaillé au téléfilm Sticks and Stones, qui est parmi les finalistes du prestigieux prix Shaw Rocket.

Ce film, qui a bénéficié du soutien du Fonds canadien de télévision, a été réalisé par Dream Street Pictures, de Moncton, et Cirrus Communications, de Montréal, avec les réalisateurs Timothy Hogan, Rick Le Guerrier, Josée Vallée, André Béraud et Richard Speer. Le gagnant du prix sera annoncé mercredi à Toronto. Je vous souhaite bonne chance.

Je salue aussi tous ceux et celles d'entre vous qui iront faire honneur au Canada au Festival de Cannes, qui débute dans quelques jours.

Enfin, je cède ma place au septième art. J'ai hâte de voir le film présenté ce soir. Il nous fera voyager dans le temps, en plus de nous montrer notre magnifique pays sous un nouveau jour. Il s'agit aussi d'un bel exemple d'une collaboration entre des Canadiens de deux provinces.

Bonne fin de soirée et merci de m'avoir donné le plaisir d'être le président d'honneur de cette soirée d'ouverture.