Comité permanent du patrimoine canadien au sujet de l'avenir de la télévision au Canada

Ottawa (Ontario)
Le 29 avril 2009

Introduction

Je tiens à remercier les membres du Comité de m'avoir invité à participer à leurs discussions sur l'avenir de la télévision au Canada.

Compte tenu des changements structuraux que l'industrie connaît et du contexte économique global, cette étude vient à point nommé. J'apprécie les efforts que vous déployez pour approfondir cette question.

Les répercussions de la situation actuelle sur l'industrie de la télévision, et d'ailleurs sur l'ensemble de l'industrie de la radiodiffusion, sont certainement parmi mes principales préoccupations.

Les paramètres de l'étude entreprise révèlent l'immense complexité de la situation à laquelle fait face l'industrie canadienne de la radiodiffusion.

Comme nous le savons tous, le système canadien de radiodiffusion est unique. Les défis engendrés par notre géographie, nos langues et la proximité du plus important exportateur culturel au monde ont façonné notre système. Nous diffusons dans les deux langues officielles ainsi que dans plusieurs autres langues, dont les langues autochtones.

Les marchés français et anglais ont chacun leurs difficultés et leurs possibilités. Alors que les émissions canadiennes en anglais doivent affronter la concurrence féroce du marché intérieur, elles sont plus faciles à exporter. De l'autre côté, les émissions en français faites au pays connaissent beaucoup de succès et moins de concurrence étrangère. Mais elles offrent moins de possibilités d'exportation.

Le Canada bénéficie d'un système de radiodiffusion bien établi qui apporte une contribution importante tant à notre société qu'à notre économie. Néanmoins, notre système connaît une période de transformation. Ces dernières années, le rythme des changements s'est accéléré. La technologie a changé à jamais la façon dont nous créons, obtenons et apprécions les œuvres audiovisuelles. La technologie numérique donne aux Canadiens un choix sans précédent de moyens de s'informer et de se divertir, et ce, au moment qu'il leur convient.

Comme nous l'avons constaté au cours des dernières années, cette technologie nous a ouvert une fenêtre sur de nouveaux services et de nouvelles émissions. Toutefois, elle a aussi fermé la porte à certains produits et services, en plus de causer des perturbations et de l'instabilité au sein des entreprises de radiodiffusion traditionnelles.

Les consommateurs ont fait bon accueil au nouvel environnement. Nous sommes devenus des habitués de nos enregistreurs numériques personnels, de nos téléphones multifonctionnels et d'Internet. Les Canadiens recherchent de plus en plus les expériences interactives. La création d'un contenu et l'accès à ce contenu deviennent de plus en plus enrichissants, significatifs et pertinents. Les néo Canadiens utilisent les nouvelles plateformes pour partager leurs récits, communiquer avec leurs concitoyens et faciliter la compréhension entre les cultures. Bref, la nouvelle technologie offre aux Canadiens de nouvelles façons de participer à la vie de la société.

Pendant ce temps, les entreprises canadiennes s'adaptent. Les concurrents d'hier établissent des partenariats ou fusionnent leurs activités. Ils explorent de nouveaux créneaux et de nouvelles stratégies commerciales. Nous avons vu la montée de la convergence chez les entreprises médiatiques qui offrent maintenant le téléphone, la câblodistribution, le service satellitaire, la radiodiffusion et l'accès à Internet. Pour les entreprises, l'entrée sur le marché est moins difficile, ce qui ouvre la voie à plus de concurrence.

La situation économique actuelle a bel et bien un effet sur l'industrie de la radiodiffusion. Comme votre étude le montre clairement, les télédiffuseurs traditionnels font face à des difficultés. Toutefois, d'autres acteurs, comme les services spécialisés ou à la carte, continuent à connaître une croissance de leurs activités, de leurs revenus et de leurs profits.

De nos jours, les consommateurs veulent choisir leurs émissions. Ils veulent aussi choisir le moment et la plateforme pour les écouter. Les entreprises sont en train de s'adapter à ce nouvel environnement d'affaires et de consommation.

Devant la transformation sans précédent de l'industrie de la radiodiffusion, notre gouvernement a joué, et continuera à jouer, un rôle important auprès d'une industrie en pleine évolution. Et comme toujours, nous accordons toute l'importance aux Canadiens, à titre de citoyens, de consommateurs et de créateurs.

Soutien du gouvernement au radiodiffuseur national

J'aimerais maintenant parler de l'appui que notre gouvernement apporte au système public de radiodiffusion.

À titre de ministre du Patrimoine canadien, j'ai exprimé à plusieurs occasions mon soutien à un radiodiffuseur national puissant qui défend les intérêts des Canadiens.

Et à titre de ministre des Langues officielles, je suis sensible à l'importance du rôle que joue la Société Radio Canada auprès des francophones du pays. D'ailleurs, Radio Canada exploite le seul réseau national de radio et de télévision en français qui dessert l'ensemble des communautés francophones du pays.

Je suis fier d'affirmer que CBC/Radio-Canada bénéficie des plus importants investissements de notre gouvernement. En accordant plus d'un milliard de dollars à cette société d'État, le gouvernement du Canada finance adéquatement, selon moi, notre radiodiffuseur public.

En outre, depuis 2001, la société d'État a reçu 60 millions de dollars de plus pour des émissions canadiennes, une aide financière qui a été renouvelée à plusieurs reprises, y compris au cours du présent exercice financier.

Comme les autres radiodiffuseurs, CBC/Radio Canada a dû prendre plusieurs décisions difficiles. Le mois dernier, M. Hubert Lacroix, président-directeur général de la société d'État, a annoncé les mesures prises pour faire face à la situation actuelle.

Le gouvernement du Canada travaillera de près avec CBC/Radio-Canada pour qu'il demeure un radiodiffuseur national dynamique, en plus de refléter la diversité canadienne, de protéger nos langues officielles et d'être une plateforme pour le contenu canadien.

Soutien du gouvernement aux radiodiffuseurs privés

Notre gouvernement appuie les radiodiffuseurs parce que nous comprenons qu'ils fournissent un service public aux Canadiens. Leurs émissions nous informent, nous éclairent et nous divertissent.

Bien que la situation actuelle crée des difficultés, elle apporte aussi des possibilités pour notre industrie de la radiodiffusion. C'est particulièrement vrai pour ceux qui adoptent des démarches novatrices pour répondre aux besoins des consommateurs et aux conditions de la situation économique actuelle.

Les radiodiffuseurs canadiens ont devant eux d'immenses possibilités de tirer profit des nouvelles tendances de la technologie numérique, et de devenir plus novateurs, donc plus rentables. Le rendement de la technologie numérique et les réductions de prix devraient ouvrir la porte à des solutions efficaces.

Parallèlement, notre gouvernement a soutenu avec vigueur l'industrie et il continue à le faire.

Par exemple, le mois dernier, j'ai annoncé l'établissement du Fonds des médias du Canada. Notre investissement annuel de 134,7 millions de dollars sur deux ans, combiné aux contributions des entreprises de distribution par câble et par satellite, portera le budget total du Fonds à plus de 310 millions de dollars en 2010.

Le nouveau Fonds appuiera l'industrie, la production d'émissions canadiennes et les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Il aidera à produire les émissions que les Canadiens veulent regarder sur la plateforme de leur choix, qu'il s'agisse de la télévision, d'Internet, du téléphone multifonctionnel ou d'autres appareils mobiles.

Le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias du Canada continueront à fonctionner tout au long de l'exercice 2009 2010, et le Fonds des médias du Canada sera en place le 1er avril 2010.

Notre gouvernement appuie également l'industrie cinématographique canadienne, qui fournit un contenu important pour notre industrie de la radiodiffusion.

En 2008, nous avons investi plus de 300 millions de dollars dans la production audiovisuelle grâce au Crédit d'impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne et au Crédit d'impôt pour services de production cinématographique ou magnétoscopique.

De plus, en 2007 2008, nous avons versé près de 90 millions de dollars, par l'entremise du Fonds du long métrage du Canada, à la création, à la production, à la distribution et à la mise en marché des longs métrages canadiens.

L'an dernier seulement, plus de 40 longs métrages ont bénéficié du soutien de ce fonds, ce qui a suscité des investissements de 153 millions de dollars provenant d'autres bailleurs de fonds publics et privés.

Conclusion

L'industrie canadienne de la radiodiffusion joue un rôle de premier plan en diffusant nos récits et en forgeant notre identité nationale, et elle continuera à le faire.

Le gouvernement du Canada accorde un soutien important aux radiodiffuseurs publics et privés, et il demeurera un fervent partisan du système canadien de radiodiffusion.

Nous croyons que l'industrie canadienne de la radiodiffusion a devant elle de belles possibilités. Songeons aux succès d'entreprises comme RIM et Lionsgate productions. Il est évident que le Canada peut prendre les devants grâce à la nouvelle technologie.

Les Canadiens méritent un vaste choix de services de qualité, faciles d'accès et à un juste prix. Ils doivent continuer à pouvoir apprécier le système canadien de radiodiffusion, un système qui les a si bien servis pendant de longues années.

Quant aux parties intéressées de l'industrie de la radiodiffusion, je suis certain que leurs efforts pour répondre aux besoins des Canadiens les pousseront à trouver des moyens novateurs de se positionner sur le marché et de gérer les transformations à long terme que nous connaissons actuellement.

À l'avenir, le gouvernement continuera à faire ce qu'il a toujours fait. Nous allons protéger les intérêts des Canadiens à titre de citoyens, de consommateurs et de créateurs.

En terminant, j'aimerais féliciter les membres du Comité permanent du patrimoine canadien de leur excellent travail. La vaste gamme de témoignages que vous recueillez illustre bien la complexité de l'industrie, son dynamisme et son évolution. Je serai heureux de lire ce qui devrait être un rapport des plus intéressants.

Merci.