Conférence annuelle de la section canadienne de l' Institut international des communications
Ottawa (Ontario)
Le 2 décembre 2008
À VÉRIFIER AU MOMENT DE L'ALLOCUTION
Distingués invités,
Mesdames et messieurs,
J' aimerais tout d' abord rendre un hommage chaleureux à Ted Rogers.
Grâce à son esprit d' entreprise et à sa grande capacité de prendre des risques, il a mis sur pied l' une des entreprises de communications les plus importantes et prospères au Canada.
Je me joins à toutes les personnes ici présentes pour exprimer mes sincères condoléances à la famille et aux amis de Ted Roger. Il nous manquera beaucoup.
C' est un plaisir pour moi de vous rencontrer pour la première fois à titre de ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles.
Je suis très heureux d' avoir cette occasion de vous rencontrer, de vous écouter et de partager avec vous mes réflexions sur nos orientations futures.
Notre gouvernement soutient les arts et la culture au Canada, car nous savons à quel point ils sont essentiels à notre société, à notre identité et à notre économie.
Nous investissons davantage dans les arts et la culture par l' entremise du portefeuille de Patrimoine canadien que tout autre gouvernement de l' histoire du Canada.
Parallèlement, nous devons rendre des comptes aux Canadiens et nous assurer de leur en donner pour leur argent. Nous devons innover et profiter du potentiel des nouvelles technologies pour moderniser notre démarche à l' égard des arts et de la culture. Et ce, tout en tenant compte de l' évolution des besoins des Canadiens.
Je sais fort bien que l' industrie des communications joue un rôle important dans la vie quotidienne des Canadiens. Vous mettez en valeur ce que le Canada et le monde ont de meilleur à offrir en proposant :
- une programmation diversifiée;
- des services de production audiovisuelle de calibre mondial;
- une multitude de plateformes de diffusion.
Vous avez réussi à créer une infrastructure de calibre mondial qui vous permet de joindre les Canadiens. Les Canadiens sont d' ailleurs parmi les plus nombreux au monde à être abonnés à la câblodistribution ou à la diffusion par satellite.
Le système canadien de radiodiffusion dessert les citoyens canadiens dans les deux langues officielles, qui font partie intégrante de la vie au pays. Voilà pourquoi, en juin dernier, nous avons demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, le CRTC, d' examiner les services offerts aux communautés de langue officielle en situation minoritaire. C' est pour cette raison que j' ai renvoyé au CRTC, à des fins d' examens et d' audiences, des décisions qu' il avait rendues au sujet des licences de radio dans la région d' Ottawa– Gatineau.
Le système canadien de radiodiffusion nourrit notre démocratie. Vos services constituent autant de forums où nous pouvons aborder une gamme infinie de sujets, faire valoir nos points de vue, créer nos propres récits et, somme toute, mieux nous connaître les uns les autres. C' est sans oublier, bien sûr, les nombreuses heures de divertissement que vous nous offrez.
En cette période d' incertitude économique, nous voulons assurer la viabilité du secteur des communications. Dans le discours du Trône, notre gouvernement a souligné le rôle de premier plan que joue votre secteur lorsqu' il est question d' assurer la prospérité à long terme du Canada. Nous y avons affirmé que : « la créativité et l' innovation dans le secteur des arts contribuent à la fois à la vitalité culturelle du Canada et à son avenir économique. »
La culture contribue beaucoup à l' économie canadienne. Elle représente 3,8 pour cent de notre produit intérieur brut. Elle permet d' attirer des personnes hautement qualifiées, en plus d' encourager l' innovation. L' industrie de la radiodiffusion et de la production télévisuelle emploie plus de 100 000 personnes et génère des revenus annuels de près de 20 milliards de dollars. On estime que les médias interactifs génèrent 5,01 milliards de dollars de revenus et emploient près de 50 000 personnes partout au pays.
Le discours du Trône reflète la situation économique difficile que connaissent actuellement le Canada et le monde entier. Il fait écho à l' importance, pour notre gouvernement, de gérer de façon responsable l' argent que les contribuables gagnent à la sueur de leur front.
Tout comme nous, les contribuables canadiens veulent en avoir pour leur argent.
Nous savons aussi que les Canadiens qui oeuvrent sans relâche dans plusieurs secteurs, dont le vôtre, craignent pour leur emploi.
Nous connaissons une période difficile. Je tiens à vous assurer que le gouvernement fera sa part en redoublant de prudence. Tous les organismes gouvernementaux devront assurer les Canadiens qu' ils peuvent avoir confiance en leurs institutions publiques.
Nous devrons faire des choix difficiles, et ce, toujours en fonction de l' intérêt des Canadiens.
Quant à nous tous ici réunis, nos choix seront guidés par les changements technologiques, économiques, sociaux et internationaux sans précédent qui bouleversent le paysage culturel du Canada.
La technologie numérique influence profondément l' infrastructure des communications partout dans le monde.
Je suis le cadet des membres du Cabinet et un Canadien typique. Mon cœur bat pour le numérique. Je suis un grand consommateur de vos produits. Mon ordinateur, mon Blackberry, mon iPod et mon RVP font tous partie de ma vie. Je suis un accro du multitâche et du multiplateforme, et je veux avoir de l' information en temps réel.
Je suis plus fidèle au contenu qu' au contenant, qu' il s' agisse de la technologie ou de la station. Les Canadiens comme moi veulent des émissions en haute définition. Ils veulent de l' interactivité et de la mobilité.
Non pas que je tienne à souligner mon âge, mais je suis né en 1976 et je n' ai jamais connu de monde sans télévision couleur et sans une multitude de chaînes. Les ordinateurs ont toujours fait partie de ma vie.
Je suis donc un de vos clients et je suis curieux de savoir ce que vous allez faire pour nous tous.
Selon moi, le Canada est bien placé pour profiter des nouvelles tendances, rendre notre économie plus prospère et plus novatrice, et mettre nos exportations culturelles en valeur partout dans le monde. Les bénéfices commerciaux sont réels et le domaine numérique est riche en possibilités.
Je sais que la transition vers la radiodiffusion numérique est une priorité pour bon nombre d' entre vous et qu' il reste encore beaucoup de travail à faire avant d' y arriver.
Toutefois, je suis préoccupé par le fait que certaines parties du système canadien de radiodiffusion feront la transition vers la radiodiffusion numérique à un rythme différent.
Je sais que les distributeurs de radiodiffusion ont fait beaucoup de progrès quant au renouvellement de leur équipement. Dans les installations de production, on tire déjà parti des technologies numériques. Les émissions en haute définition deviennent de plus en plus courantes et la baisse du prix des téléviseurs encourage les consommateurs à s' en procurer.
En même temps, les entreprises de radiodiffusion en direct font face à des défis importants. Les revenus de publicité sont à la baisse, et la situation pourrait s' aggraver si les autres secteurs de l' économie réduisent leurs dépenses.
La radiodiffusion numérique apporte de grands avantages. Pour le gouvernement, elle signifie une gestion plus efficace du spectre. Vous connaissez déjà les avantages qu' elle vous procure. Elle vous permet, par exemple :
- de joindre un public plus large grâce au multiplex;
- d' offrir de nouveaux services lucratifs qui misent sur l' interactivité, la programmation dans Internet et les jeux vidéo.
Pour les Canadiens comme moi, la radiodiffusion numérique signifie :
- pouvoir regarder ce que nous voulons quand et où bon nous semble;
- profiter d' une plus vaste programmation.
C' est là que, pour vous, le défi se pose. Les consommateurs veulent tout avoir et les radiodiffuseurs doivent s' adapter pendant une période difficile. Vous avez commencé à le faire en vous transformant en de véritables entités multimédiatiques, capables d' offrir des émissions tout usage sur une variété de plateformes.
Cette transition n' a rien de facile, et vous avez des décisions difficiles à prendre.
Cela étant dit, la transition vers la radiodiffusion numérique doit se poursuivre. Partout dans le monde, les pays ont établi des échéances pour passer à la radiodiffusion numérique en direct, puis cesser la radiodiffusion analogue. Les États‑Unis s' apprêtent à faire cette transition le 17 février 2009, c' est‑à‑dire dans moins de trois mois.
Nous savons tous que ce qui arrive aux États‑Unis influence les Canadiens. Si les chaînes américaines offrent des signaux de télévision de meilleure qualité, les Canadiens syntoniseront davantage ces chaînes. Il y aura des répercussions sur les radiodiffuseurs canadiens qui comptent sur les émissions américaines et sur des avantages réglementaires, comme la substitution de signaux identiques, pour générer des revenus et créer une programmation canadienne.
La transition vers la radiodiffusion numérique est inévitable. Le CRTC a fixé la date butoir au 31 août 2011 pour la transition vers le numérique au Canada, soit deux ans après les États‑Unis. Cette date donne aux Canadiens la chance de se préparer et vous donne suffisamment de temps pour élaborer vos plans.
Nous avons besoin de solutions qui favoriseront l' innovation et de nouvelles démarches, plutôt que de demander aux contribuables canadiens de financer les modèles commerciaux existants.
Je suis heureux que le CRTC ait entamé des discussions avec les radiodiffuseurs et les distributeurs de radiodiffusion au sujet de leurs stratégies de transition. J' aimerais voir ce que l' industrie peut proposer en vue d' encourager les radiodiffuseurs et les distributeurs de radiodiffusion à collaborer pour offrir aux Canadiens un accès à la radiodiffusion conventionnelle. Au besoin, je demanderai au CRTC, en vertu du paragraphe 14(2) de la Loi sur la radiodiffusion, d' examiner et d' étudier les aspects techniques de telles solutions. De plus, je m' attends à ce que le CRTC prenne les devants pour éviter que des obstacles réglementaires nuisent à ces solutions.
Le changement est inévitable et nous devons tous jouer notre rôle pour répondre aux besoins changeants des Canadiens.
Lorsque vous définirez vos stratégies, je pourrai travailler avec vous, mais ces stratégies demeurent les vôtres.
Notre gouvernement souhaite que vous, tout comme le CRTC, fassiez preuve d' imagination pour trouver des solutions dignes de notre monde numérique.
Nous vivons une période difficile. Je serai heureux d' étudier vos solutions et de travailler avec vous à surmonter les obstacles. Je suis ouvert à vos idées. Je compte sur vous pour trouver des solutions novatrices qui répondront aux besoins des créateurs, des consommateurs et des citoyens canadiens, tout en défendant leurs intérêts.
Merci.
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