Fonds des médias du Canada

Toronto (Ontario)
Le 9 mars 2009

À VÉRIFIER AU MOMENT DE L'ALLOCUTION                

Bonjour,

J'aimerais d'abord saluer les personnes suivantes qui ont pris le temps de se joindre à nous malgré leurs horaires très chargés.

Il s'agit de Chris Frank du groupe Services vidéo de Bell; de Phil Lind de Rogers Communications; de Pierre Karl Péladeau de Quebecor/Vidéotron; de Ken Stein de Shaw Communications; de Mark Bishop et Matt Hornburg de marblemedia; et de Tim Casgrain de Radio‑Canada/CBC.

L'industrie canadienne des communications a joué un rôle important en relatant les récits des Canadiens, en influençant notre identité nationale et en rapprochant les gens.

Au cours des dernières années, les technologies numériques ont ouvert la voie à de nouveaux cadres de communications de par le monde, et elles ont très certainement eu une incidence sur la situation au Canada.

Depuis que le CRTC a soumis son rapport sur le Fonds canadien de télévision en juin dernier, les parties intéressées étaient divisées sur la proposition de répartir les fonds entre les segments public et privé.

Néanmoins, ce processus a confirmé l'existence d'un consensus en faveur de l'innovation, du financement des nouveaux médias et de l'importance de joindre les publics. Armé de cette connaissance, le gouvernement du Canada a joué un rôle de chef de file en élaborant des principes clés auxquels pouvaient se rallier les parties intéressées et sur lesquels elles pouvaient s'appuyer.

Aujourd'hui, je suis heureux d'être en présence de tant de dirigeants du secteur des communications pour annoncer un partenariat public‑privé renouvelé qui renforcera la radiodiffusion, les médias numériques interactifs et les secteurs canadiens de production qui travaillent au sein de cet environnement technologique en évolution rapide.

Nous reconnaissons clairement que le secteur culturel fait une importante contribution à l'économie canadienne en la stimulant et en la consolidant.

Le Plan d'action économique du Canada du Budget de 2009 démontre notre engagement indéfectible envers les arts, la culture et le patrimoine. En effet, nous investissons 540 millions de dollars dans ce secteur pour assurer sa stabilité financière en cette période difficile.

En plus d'investir 20,4 millions de dollars chaque année, nous avons annoncé que nous investirons 200 millions de dollars de plus au cours des deux prochains exercices financiers pour créer et radiodiffuser des émissions de télévision de grande qualité en anglais, en français et en langues autochtones. Nous investirons également 28,6 millions de dollars au cours des deux prochains exercices financiers pour continuer à encourager la création d'œuvres culturelles canadiennes destinées aux médias numériques interactifs. Cet investissement sera suivi d'un investissement annuel de 14,3 millions de dollars.

Cela signifie que le gouvernement investira en tout 134,7 millions de dollars par année pour soutenir le secteur de la radiodiffusion, les médias numériques interactifs et la production.

Nous tous ici présents aujourd'hui savons que l'avenir sera numérique.

De plus en plus de Canadiens et Canadiennes utilisent la technologie numérique. Mon Blackberry et mon baladeur font partie de ma vie quotidienne. Je crois que les Canadiens bénéficieront d'investissements comme ceux‑ci qui permettent d'utiliser la nouvelle technologie pour mettre en valeur nos talents.

Par exemple, l'Office national du film est sur la bonne voie dans ce domaine. En l'honneur de son 70e anniversaire, l'ONF offre gratuitement près de 900 films en ligne.

Notre gouvernement est déterminé à aider les entrepreneurs canadiens à bien se positionner pour saisir les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies.

Et je suis ravi que les dirigeants de l'industrie de la radiodiffusion et des médias numériques soient présents aujourd'hui pour cette annonce importante. Je suis ici pour vous annoncer que le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias du Canada seront fusionnés pour former le Fonds des médias du Canada, qui sera doté d'un budget de 134,7 millions de dollars. Ce fonds signifie plus d'argent pour la créativité, plus de contenu canadien offert sur différentes plates‑formes.

Je tiens à souligner l'importante contribution financière des entreprises de câblodistribution et de distribution satellitaire au Fonds. Cette contribution porte le total des investissements du gouvernement et du secteur privé à plus de 310 millions de dollars d'ici 2010.

L'argent consacré à ce partenariat est un investissement et non une aumône. Le gouvernement accorde ces fonds pour aider à maintenir et à édifier des industries viables qui contribuent à l'économie canadienne en plaçant les intérêts des Canadiens au premier rang. Avec nos partenaires, nous voulons assurer la stabilité d'un secteur important pour garantir que la création de contenu canadien ne soit pas menacée.

Nous voulons mettre en œuvre des réformes fondées sur quatre principes.

Nous devons d'abord assurer une saine gouvernance et une reddition de comptes efficace. Nous abordons les préoccupations soulevées par la Vérificatrice générale. Nous établissons un conseil d'administration de taille plus modeste et entièrement indépendant pour gérer le nouveau Fonds des médias du Canada. Nous nommerons des membres qui connaissent bien l'industrie et qui comprennent les enjeux des politiques publiques, notamment les réalités auxquelles doivent faire face les producteurs dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Qui plus est, ces membres satisferont aux plus hauts standards.

Le conseil d'administration sera formé de représentants nommés par le gouvernement du Canada et les cinq principaux bailleurs de fonds du secteur privé. Le conseil d'administration devra consulter régulièrement les autres bailleurs de fonds privés, les radiodiffuseurs, les producteurs et les créateurs pour s'assurer que le Fonds respecte rigoureusement les réalités de l'industrie. Les modalités et les conditions du Fonds des médias du Canada seront établies par une entente de contribution entre ce dernier et le gouvernement du Canada.

Notre gouvernement reconnaît que le succès populaire et l'innovation comptent. Comme tous ici présents le savent fort bien, les médias numériques interactifs transforment la radiodiffusion. Conséquemment, le Fonds aura pour deuxième principe de récompenser le succès et d'encourager l'innovation.

L'environnement numérique modifie la définition même de la radiodiffusion en raison des multiples plates‑formes de distribution, de la présence de consommateurs plus actifs et des médias interactifs. Le Fonds favorisera les productions en haute définition ainsi que celles qui ont démontré leurs capacités à obtenir le succès populaire ou qui ont le potentiel de le faire. Les promoteurs devront également diffuser leurs productions sur au moins deux plates‑formes dont la télévision. Par exemple, une production pourrait comprendre une émission de télévision, des jeux interactifs liés à l'émission, des cyberépisodes complémentaires aux émissions à l'intention des Canadiens qui naviguent dans Internet ou encore des baladodiffusions que les Canadiens pourront obtenir sur leurs baladeurs numériques.

Nous voulons favoriser la mise au point de nouvelles applications techniques et la création d'œuvres qui ramèneront l'innovation à l'avant‑scène sur toutes les plates‑formes. Alors que les technologies et les applications évoluent rapidement, le Fonds contribuera à édifier les fondations des futures synergies entre les acteurs de l'industrie et les nouveaux acteurs en favorisant l'élaboration d'applications et de contenu à la fine pointe de la technologie pouvant être employés sur les réseaux sans fil et à bande large. Ceci aidera le Canada à être un chef de file des applications et du contenu pour les plates‑formes de distribution émergentes.

Troisièmement, le Fonds investira en fonction de ce que veulent les Canadiens.

Étant donné que les Canadiens financent le Fonds par leurs impôts et leurs comptes de câblodistribution ou de distribution satellitaire, le Fonds doit placer l'accent sur le genre d'émissions que les téléspectateurs regardent. Le Fonds visera donc les émissions dramatiques, les comédies et les émissions pour enfants. Il investira également dans des documentaires et des émissions de variétés ou d'arts de la scène si le promoteur peut démontrer que le marché seul ne peut en soutenir la production. Étant donné que les Canadiens veulent des émissions sur une foule de plates‑formes, le Fonds verra à ce que les productions soient non seulement diffusées à la télévision aux heures de grande écoute mais également dans Internet et sur les appareils portatifs. En plaçant l'accent sur les productions que les Canadiens veulent, le Fonds tirera profit du secteur créatif en favorisant une forte présence canadienne grâce à des émissions faisant appel au talent des auteurs, des réalisateurs et des comédiens canadiens.

Fiers de vivre dans un pays qui accueille toutes les cultures, les Canadiens veulent se rapprocher et apprendre les uns des autres. Le Fonds financera des productions en langues autochtones et en français tout en respectant le caractère unique du marché francophone. Enfin, le Fonds financera des productions dans d'autres langues si la demande le justifie et si son budget le lui permet.

Le quatrième et dernier principe est d'équilibrer les règles du jeu. Nous reconnaissons que les meilleures idées jaillissent de la concurrence et que tous les radiodiffuseurs doivent respecter les mêmes règles. Conséquemment, l'admissibilité des productions internes des radiodiffuseurs ou provenant d'entités affiliées sera élargie. Cette disposition sera mise en œuvre graduellement et au fil du temps. Elle comprendra les radiodiffuseurs pédagogiques provinciaux ainsi que la Société Radio‑Canada/CBC dont le budget réservé sera éliminé. Enfin, le Fonds appuiera les productions provenant de toutes les régions du Canada.

En rapprochant l'industrie des nouvelles formes de contenu canadien, ce partenariat assurera aux Canadiens l'accès à un contenu le plus créatif et le plus innovateur possible.

Le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias du Canada continueront à fonctionner jusqu'à la fin de l'exercice financier 2009‑2010. Le Fonds des médias du Canada sera en place dès le 1er avril 2010.

Je tiens à saisir cette occasion pour souligner le rôle de partenaire important que joue Téléfilm Canada dans notre démarche. Je sais que Téléfilm Canada sera un véritable chef de file dans la dernière année d'existence du Fonds des nouveaux médias du Canada et je serai heureux de poursuivre notre collaboration avec cet important organisme.

Le Fonds des médias du Canada servira mieux les Canadiens. Il soutiendra l'industrie, le contenu canadien et les communautés de langue officielle en situation minoritaire. Il soutiendra la diffusion d'émissions que les Canadiens regarderont sur la plate‑forme de leur choix.

Aujourd'hui, nous faisons un grand pas. Je serai maintenant heureux de répondre à vos questions.

Merci.

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