À l'occasion de la conférence Grande écoute de l'Association canadienne de production de films et de télévision
Ottawa (Ontario)
Le 19 février 2009
À VÉRIFIER AU MOMENT DE L'ALLOCUTION
Mesdames et messieurs, bonjour.
J'aimerais d'abord remercier Guy Mayson et son équipe de m'avoir permis de vous parler aujourd'hui, à l’occasion de cette 19e conférence annuelle de l'Association canadienne de production de films et télévision.
Je tiens aussi à féliciter tous les finalistes et les lauréats des Prix Indie 2009 que l'Association a décernés hier soir. Ces prix démontrent l'incroyable diversité artistique que votre industrie offre aux Canadiens ainsi qu’au monde entier.
J’ai été particulièrement heureux d'apprendre que la cérémonie des Prix Genie aura lieu ici même, dans la capitale nationale, en avril prochain. L'organisation de cette célébration dans une nouvelle ville est une excellente façon de mieux faire connaître votre industrie et vos réalisations aux Canadiens de partout au pays. Je tiens à féliciter l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision de cette initiative.
J'ai eu le plaisir de rencontrer certains d'entre vous à l'occasion de rencontres organisées dans diverses régions du pays. Depuis que je suis devenu ministre du Patrimoine canadien, j'ai rencontré de nombreux représentants du secteur artistique et culturel et j'ai bien l'intention de continuer à le faire.
L'établissement de bonnes relations de travail entre nous nous aidera à faire front commun pour relever les défis à l'horizon, défis dont nous connaissons tous l'existence.
Je tiens à passer brièvement en revue le Plan d'action économique du Canada pour souligner ce qu'il signifie pour les entreprises canadiennes et pour votre industrie.
Le Plan d'action économique du Canada vise à stimuler notre économie, à protéger les Canadiens durant la récession mondiale et à investir dans notre croissance à long terme.
La crise actuelle
Depuis l'automne, la situation économique mondiale s'est détériorée plus rapidement et plus gravement que prévu. Je sais que votre industrie n'est pas à l'abri de cette récession. L'économie mondiale a subi de nouveaux contrecoups depuis que les Canadiens sont allés aux urnes en octobre dernier, et même depuis que le Parlement s'est réuni le mois dernier.
Alors que la crise prenait de l'ampleur, notre gouvernement a pris des mesures immédiates pour aider les entreprises canadiennes à obtenir le financement dont elles avaient besoin pour réinvestir, croître et maintenir les emplois.
Le Canada continue à mieux se tirer d’affaire que bien d'autres pays. Notre gouvernement a réduit les impôts et les taxes, remboursé une partie de la dette et investi dans les infrastructures. Le Canada bénéficie aussi d'institutions financières robustes. Toutefois, il est évident que nous ne pourrons échapper à la crise mondiale du crédit et que nous devons prendre de nouvelles mesures.
Le Plan d'action économique du Canada
Notre gouvernement a élaboré un plan pour stimuler notre économie, protéger les Canadiens durant la récession mondiale et investir dans notre croissance économique à long terme.
Le Plan d'action économique du Canada constitue un ensemble de mesures ponctuelles, ciblées et temporaires.
Les mesures incitatives prévues au Plan d'action représentent 1,9 p. 100 de notre économie pour le prochain exercice financier et 1,4 p. 100 pour l'exercice financier suivant.
Non seulement ces mesures permettent au Canada de respecter les engagements qu'il a pris au Sommet des dirigeants du Groupe des vingt en novembre dernier, elles surpassent même les cibles recommandées par le Fonds monétaire international.
Pour financer le Plan d'action économique du Canada, notre gouvernement a fait le choix délibéré d’accepter un déficit important à court terme. Ce déficit temporaire constitue un investissement nécessaire pour stimuler notre économie.
Il nous permet de répondre à nos besoins à court terme, tout en atteignant nos objectifs à long terme.
Ce choix nous aide à protéger les Canadiens ainsi qu'à maintenir et à créer des emplois durant la récession, tout en édifiant l'infrastructure dont le Canada a besoin pour croître à long terme.
Il n'y aura pas de déficit permanent ou à long terme. Nous prévoyons que l'économie reprendra et que d'ici cinq ans, nous passerons à nouveau des déficits aux surplus budgétaires. Ces surplus serviront d'abord et avant tout à rembourser les dettes encourues au cours de la récession.
Les mesures de protection des emplois et de soutien aux entreprises
De nombreuses entreprises canadiennes sont dans une situation relativement stable comparativement à leurs concurrents étrangers. À la suite des mesures que notre gouvernement a prises, d'ici 2010, le Canada aura le plus faible taux d'imposition fiscale à l'égard des nouvelles entreprises de tout le G7.
Mais les Canadiens estiment que nous devons en faire davantage. Nous devons soutenir la croissance à long terme du secteur privé. Nous devons protéger les emplois et aider toutes les entreprises canadiennes à traverser la tempête. Nous allons donc en faire davantage.
Dans le cadre de notre Plan d'action, nous avons abaissé les impôts pour les petites et moyennes entreprises en rehaussant, pour la seconde fois sous un gouvernement conservateur, le seuil de revenus admissibles des petites et moyennes entreprises qui passe de 400 000 à 500 000 dollars.
Dans le cadre de la présente conférence, on a publié un rapport très pertinent intitulé Profil 2009 : Rapport économique sur la production cinématographique et télévisuelle au Canada. Selon ce rapport, en 2007‑2008, l'industrie canadienne de la production cinématographique et télévisée employait 131 600 personnes à temps plein au Canada.
Au cours de la même période, la valeur des productions cinématographiques et télévisées a atteint la somme record de 5,2 milliards de dollars. Malgré la hausse du dollar canadien, l'industrie des services aux productions et aux productions étrangères a connu une bonne année.
Toutefois, je reconnais que la situation a changé depuis l'année dernière. Comme nous le savons tous, l'économie fait la manchette tous les jours et la situation économique touche autant votre secteur que les autres.
Vous devez surmonter plusieurs obstacles, dont la concurrence pour obtenir du financement et la perte des emplois.
La situation est la même dans l'ensemble du secteur culturel et artistique. Tous font face à des difficultés. Néanmoins, votre secteur, tout comme l’ensemble du secteur culturel, revêt une bien trop grande importance pour qu'on se contente de sa simple survie. Voilà pourquoi nous sommes disposés à vous aider de plusieurs façons.
Dans le Budget de 2009, nous avons clairement souligné l'importante contribution du secteur culturel à la croissance et au dynamisme de l'économie canadienne. Notre plus récent budget démontre notre engagement indéfectible envers les arts, la culture et le patrimoine par un investissement de 540 millions de dollars pour offrir à votre secteur la stabilité financière nécessaire en cette période difficile.
Depuis notre entrée au gouvernement en 2006, nous avons rehaussé les investissements publics dans le secteur des arts et de la culture de 8 p. 100.
Oui, nous avons passé les programmes et les dépenses du ministère du Patrimoine canadien au peigne fin. Mais c'était pour réaffecter les fonds à d'autres programmes.
À la lumière de la situation économique actuelle, il serait irresponsable de la part d'un gouvernement de ne pas revoir ses programmes et ses services. Il serait tout aussi irresponsable de ne pas chercher, par tous les moyens, à rehausser au maximum son efficacité.
Depuis 2006, notre gouvernement a toujours maintenu qu'il voulait que les contribuables canadiens en aient pour leur argent. Ceci est et demeure notre priorité.
Ceci étant dit, notre engagement envers les arts et la culture demeure inébranlable, et nous continuerons à soutenir les industries importantes comme la télévision et les médias numériques. Nous investissons dans votre industrie et nous sommes prêts à investir judicieusement afin de stimuler l'économie et d'assurer au secteur culturel un avenir stable et dynamique.
Dans le cadre du Fonds du long métrage du Canada qu'administre Téléfilm Canada, nous avons investi près de 90 millions de dollars en 2007‑2008. Le Fonds soutient la création, la production, la distribution et la mise en marché des longs métrages canadiens.
Nous avons constaté les nombreux succès de ce fonds, dont un film primé aux Oscars, Les invasions barbares. On peut aussi penser à Bon Cop, Bad Cop, Les 3 P'tits Cochons et Away from Her ainsi qu’à des coproductions comme Eastern Promises.
Juste au cours de la dernière année, plus de 40 longs métrages ont été tournés grâce à ce fonds. En outre, ces longs métrages ont généré 153 millions de dollars d'investissements provenant d'autres sources des secteurs public et privé.
En 2008, le gouvernement a investi plus de 300 millions de dollars dans l'industrie de la production audiovisuelle par l'entremise du Crédit d'impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne et du Crédit d'impôt pour services de production cinématographique ou magnétoscopique. Cette somme constitue le plus important investissement fédéral dans votre industrie.
De plus, comme vous le savez, dans le Budget de 2009, notre gouvernement soutient la production d'émissions canadiennes de haute qualité ainsi que la création d'œuvres médiatiques interactives.
Nous croyons que ces investissements aideront à consolider notre économie de même qu’à protéger et créer des emplois pour les Canadiens. Nous croyons qu'il s'agit là de judicieux investissements dans notre avenir.
Je tiens à rappeler que dans le Budget, nous avons affecté 200 millions de dollars de plus au Fonds canadien de télévision pour les deux prochains exercices financiers.
Il importe de soutenir le Fonds canadien de télévision, car il s'agit du plus important fonds de production au Canada. Il appuie près de la moitié des 45 000 emplois reliés à des productions canadiennes homologuées.
Depuis 1996, le Fonds canadien de télévision a investi plus de 2,7 milliards de dollars dans la production de quelque 27 000 heures d'émissions télévisées canadiennes. Chaque dollar que le Fonds investit suscite plus de trois dollars en activité de production.
Le Fonds canadien de télévision a investi dans plusieurs émissions de télévision couronnées de succès, dont Toupie et Binou, Les hauts et les bas de Sophie Paquin, Durham County et The Border.
Nous avons également pris des mesures pour soutenir le secteur de la technologie numérique.
Dans notre plus récent budget, nous avons confirmé un investissement de 28 millions de dollars sur deux ans dans le secteur des nouveaux médias, en plus d'y affecter un budget annuel récurrent de plus de 14 millions de dollars.
Afin de consolider le secteur des nouveaux médias, nous avons annoncé, le mois dernier, l'établissement du Centre canadien pour l'avancement des médias numériques.
Le Centre reliera les portails de médias numériques de partout au pays pour permettre aux chercheurs et aux entrepreneurs de collaborer à l'élaboration de nouveaux médias numériques. Grâce à ses partenaires, le Centre soutiendra les travaux de recherche entrepris par des étudiants diplômés et la commercialisation de services et de services de soutien à l'industrie.
Le nouveau centre aidera les chercheurs et les entrepreneurs canadiens à faire passer leurs innovations du laboratoire au marché.
L'Office national du film et Téléfilm Canada sont deux autres joueurs importants qui contribuent à la vitalité de votre industrie. Les deux organismes soutiennent l'innovation afin que votre industrie puisse demeurer un des piliers de notre croissance économique.
Je crois que l'Office national du film est sur la bonne voie en matière d'innovation. Afin de souligner son 70e anniversaire, l'ONF a gratuitement mis en ligne quelque 900 productions. Jour et nuit, partout au pays, nous avons tous accès à ce riche volet de notre patrimoine culturel.
Des défis et des possibilités
Tout en reconnaissant la présence de difficultés, nous devons nous souvenir que nombreuses possibilités s'offrent à nous ainsi qu'à votre industrie.
L'évolution fulgurante de la technologie a eu d'importantes répercussions. Le progrès apporte sa part de difficultés, mais aussi de possibilités palpitantes.
Les Canadiens ont maintenant plus de choix que jamais. De plus en plus, nous pouvons regarder nos émissions ou nos films préférés quand et où bon nous semble, sur la plate‑forme de notre choix : à la maison, à l'arrêt d'autobus ou dans un avion; n'importe où au monde; à la télévision, à l'ordinateur ou sur notre téléphone cellulaire.
Jetez un coup d'œil autour de vous à cette conférence : elle est sans papier. Vous travaillez tous avec des iPod Touch!
Je sais que bon nombre d'entre vous ont trouvé le moyen de joindre le public à l'affût de la technologie. Par exemple :
- En diffusant les plus récents bulletins de nouvelles ou émissions de télévision, dont Renegade Press ou Les Invincibles;
- En faisant appel aux sites de réseautage social pour édifier l'auditoire de vos productions en plus de la publicité habituelle;
- En intégrant la nouvelle technologie dans presque tous les aspects de la production.
Nous devons poursuivre sur cette voie de l'innovation tout au long du XXIe siècle. L'heure n'est certainement pas venue de se reposer sur nos lauriers. La clef de notre succès demeure l'innovation.
Nous avons déjà plusieurs beaux succès du côté des médias interactifs.
Les sites Degrassi.tv, ReGenesistv.com et Cornergas.com ont été louangés par la critique et ont remporté de nombreux prix.
Et qui pourrait résister à la tentation d'avoir Politics with Don Newman en baladodiffusion? Bon d'accord, c'est peut‑être un truc un peu trop « couleur locale », mais vous voyez ce que je veux dire.
Voilà exactement une semaine, le Canada tout entier a participé aux cérémonies du début du compte à rebours de un an avant les Jeux d'hiver de 2010. On a pu ressentir l'enthousiasme partout au pays. Le potentiel des plates‑formes multiples pour rehausser l'accès à l'information et aux divertissements révolutionnera la couverture médiatique des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010.
Les sites des Jeux d'hiver de 2010 en anglais et en français ont déjà été lancés par le consortium des radiodiffuseurs olympiques.
En somme, l'environnement évolue sans cesse et vous devez constamment innover pour rester dans la course. Et ceci est aussi vrai pour le gouvernement.
Nous devons réexaminer nos politiques culturelles, car certaines d'entre elles sont issues d'approches traditionnelles qui peuvent ne plus convenir.
Nos politiques culturelles doivent servir les intérêts des Canadiens, en tant que citoyens, créateurs et consommateurs.
Les Canadiens veulent et devraient obtenir leur information sur le monde grâce à des sites Internet, à des livres, à des magazines, à des films, à des émissions télévisées et à des expositions de musées.
Nous voulons aussi des produits qui bougent et qui demeurent d'actualité.
Nous sommes très intéressés par ce que vous faites, surtout à la lumière des possibilités qui s'offrent à vous.
Que ce soit la possibilité de susciter l'enthousiasme et l'intérêt envers une série télévisée et d'édifier l'auditoire en complétant la radiodiffusion par des cyberépisodes.
Ou encore la possibilité de faire des expériences avec des sites Internet au contenu exclusif et d'augmenter vos revenus selon divers modèles de téléchargement à la carte.
Il y a aussi la possibilité de collaborer avec les radiodiffuseurs pour offrir aux Canadiens le contenu le plus novateur et le plus intéressant qui soit.
Notre gouvernement compte sur vous pour trouver des solutions innovatrices afin de répondre aux besoins changeants des citoyens, des créateurs et des consommateurs canadiens, et ce, tout en plaçant leurs intérêts en premier.
Nous comptons sur vous parce que nous savons que, de bien des façons, vous comptez sur nous.
Conclusion
Le gouvernement du Canada n'est pas à l'abri des difficultés. Aucun gouvernement ne peut le prétendre en cette période d'instabilité économique mondiale. Mais je tiens à vous assurer que nous sommes prêts à relever les défis de notre époque.
Nous protégeons les Canadiens en cette récession mondiale, stimulons notre économie et faisons les investissements nécessaires pour assurer la prospérité du pays à long terme.
Nous répondons à nos besoins à court terme tout en poursuivant nos objectifs à long terme.
Mais surtout, le Plan d'action économique du Canada répond aux besoins et aux attentes qu'ont exprimés les Canadiens.
Notre plan aidera les Canadiens en chômage; il protégera les emplois canadiens et soutiendra les entreprises canadiennes. Il édifiera nos collectivités également.
À titre de ministres et de députés, nous sommes déterminés à rendre des comptes aux Canadiens sur la mise en œuvre de notre plan.
Je tiens à souligner que le succès de notre pays dépend de nous tous, c'est‑à‑dire :
- Tous les ordres de gouvernement;
- Tous les dirigeants du secteur financier et du monde des affaires;
- Tous les dirigeants locaux; et
- Tous les Canadiens et Canadiennes.
Nous devons tous jouer notre rôle.
Je vous remercie de m'avoir donné cette occasion de vous parler.
Merci et bon appétit.[ Retourner ]