Notes pour une allocution prononcée par l’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles à l’occasion de la Journée des musées canadiens de l’Association des musées canadiens

Ottawa (Ontario)
Le 27 novembre 2012

À VÉRIFIER AU MOMENT DE L'ALLOCUTION

Mesdames et Messieurs, bonjour.

Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui.

Je suis particulièrement touché d’avoir été invité à prendre la parole ce matin, d’une part parce que l’Association des musées canadiens célèbre son 65e anniversaire et d’autre part, en raison de l’excellent travail que fait toujours l’Association au bénéfice des musées et des galeries d’art des quatre coins du pays.

J’ai toujours été, et je serai toujours, un grand amateur de musées. Je crois que les musées sont de véritables joyaux des collectivités canadiennes.

Voilà deux ans, j’ai fait un voyage en motocyclette dans la région de l’Okanagan en Colombie-Britannique. Je me suis arrêté dans un petit musée à Midway. J’ignore combien d’entre vous avez visité Midway en Colombie-Britannique, mais son nom indique parfaitement son emplacement, c’est-à-dire à la frontière de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. On y trouve un poste frontalier minuscule et je crois même que deux douaniers y travaillent.

Toujours est-il que j’ai visité le musée de Midway. Pour tout vous dire, ce minuscule musée situé dans une ancienne gare de train est un musée tout à fait formidable. Il ressemble peut-être aux musées que vous dirigez. On y entre, et on y découvre quelque chose de merveilleux. Lorsqu’on visite de tels musées, on y trouve des collections d’artefacts souvent éclectiques, et c’est ce qui fait tout leur charme.

Le musée de Midway propose une exposition sur les camps d’internement des Canadiens d’origine japonaise durant la Seconde Guerre mondiale, un douloureux chapitre de l’histoire du Canada et plus particulièrement de la Colombie-Britannique.

Cette exposition extraordinaire a été réalisée par la communauté nippo-canadienne de Midway qui compte, je crois, cinq personnes. Mais ces cinq personnes se sont réunies pour raconter, par cette exposition, l’histoire des Canadiens d’origine japonaise dans les camps d’internement au sud de l’Okanagan durant la Seconde Guerre mondiale.

J’ai remarqué cette exposition. L’éclairage laissait à désirer. On voyait que ce n’était pas l’œuvre de professionnels. Mais l’exposition avaient été mise sur pied avec cœur et âme, et l’histoire racontée était vraiment touchante, parce qu’elle provenait de témoins de ces événements.

Je me suis dit que tout ça était bien beau, mais j’étais certain que dans le livre d’invités à la porte du Musée, je trouverais au plus 200 visiteurs au cours des deux dernières années. En effet, la liste des visiteurs était assez courte merci. Je me suis dit que nous devions faire mieux parce que cette exposition méritait mieux.

Et savez-vous quoi? Partout au pays, on trouve des dizaines, peut-être même des centaines d’expositions comme celle-ci qui racontent un volet particulier de notre histoire. Tous les Canadiens devraient pouvoir visiter ces expositions éparpillées un peu partout au pays. Et on peut y arriver, particulièrement dans l’univers numérique.

Nous avons de formidables musées nationaux et de nombreuses occasions de parler de l’histoire du Canada. Nous devons faire connaître ces récits davantage que nous le faisons actuellement.

Comme vous le savez, nous avons plusieurs projets qui sont menés par divers musées dont le Musée canadien de la guerre et le Musée canadien des civilisations. Nous avons entrepris la numérisation de collections de Bibliothèque et Archives Canada et soutenu le Projet Mémoire de l’Institut Historica-Dominion.

Mais je continue à penser que nous pouvons faire mieux. Nous devons aller au-delà de la numérisation des collections et de leur affichage en ligne. Nous pouvons faire circuler les artefacts et parler encore plus de notre histoire. Ce sont de réelles possibilités pour nous et pour les gens de partout au pays.

Voilà pourquoi j’ai eu l’idée de créer le Musée canadien de l’histoire. Notre pays est vaste. On dit que le Canada est le deuxième pays au monde. C’est vrai, par sa superficie, notre pays est le deuxième au monde, mais il n’est qu’au 35e rang par sa population.

Ce qui nous unit malgré les distances, ce sont nos langues, les arts et la culture; le fait de pouvoir partager nos récits et notre histoire.

Je constate aussi que les Canadiens connaissent très bien leur histoire locale. Je peux vous parler de Port Moody et du capitaine Vancouver. Je peux vous parler de mon coin de pays, et vous pouvez en faire autant, j’en suis certain. Mais trop souvent, ces récits ne font pas le tour du pays autant qu’ils ne le devraient. C’est encore plus vrai dans un pays comme le nôtre où la population est prospère et scolarisée, un pays qui en a la capacité et qui peut compter sur des organismes comme l’Association des musées canadiens. Ensemble, vous avez la volonté de réaliser des projets communs et d’encourager la mise en commun de tous les récits du Canada.

Alors j’ai réuni mon équipe et d’autres collaborateurs dont j’apprécie les compétences et nous avons eu l’idée de créer le Musée canadien de l’histoire à même notre plus important musée national, c’est-à-dire le Musée canadien des civilisations.

Plus tard aujourd’hui, je déposerai à la Chambre des communes le projet de loi portant sur la création du Musée canadien de l’histoire. Ce musée sera doté d’un nouveau mandat et s’efforcera de relier tous les musées canadiens. Nous voulons transformer une institution emblématique de la région de la capitale nationale pour lui donner encore plus de rayonnement. Nous voulons en faire le centre d’un réseau pancanadien de tous les musées du Canada dont les collections ou les expositions portent sur l’histoire du Canada.

Qu’il s’agisse de l’histoire des femmes en sciences, des universités canadiennes, des arts de la scène, des grands premiers ministres canadiens, de la fondation des villes canadiennes ou de tout autre volet de notre histoire, tous ces récits peuvent être liés entre eux. Je crois que la création d’un musée national pouvant servir de centre de l’histoire canadienne constitue un projet que le Canada mérite amplement.

Les États-Unis ont le musée Smithsonian; l’Allemagne, le musée historique allemand. Nous trouvons, partout dans le monde, des exemples où de grands pays se sont donné de grands musées pour raconter leur histoire nationale.

Nous avons l’occasion de faire de même au Canada, particulièrement à l’approche de notre 150e anniversaire en 2017. Déjà, plusieurs musées locaux préparent des expositions spéciales pour raconter l’histoire de leur région en ce 150e anniversaire.

Nous devrions canaliser cette énergie et cette volonté pour lui donner plus d’envergure par l’entremise d’un nouvel organisme national comme le Musée canadien de l’histoire.

Comme John l’a mentionné plus tôt, lorsque notre gouvernement a été élu voilà six ans, nous avons respecté notre promesse de mettre sur pied le Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg. Je sais que bon nombre d’entre vous suivez de près les progrès de ce musée. Son parcours n’a pas été sans embûche, mais sa réalisation demeure de première importance, tant pour Winnipeg que pour l’ensemble du Canada.

Durant la récession, nous avons décidé de continuer à soutenir nos organismes culturels et patrimoniaux. Nous avons aussi réalisé qu’il ne fallait pas restreindre la présence des grands établissements artistiques, culturels et patrimoniaux à la région de la capitale nationale. Nous avons établi le sixième musée national, le Musée canadien de l’immigration au Quai 21, à Halifax. Ce musée a exigé un investissement de près de 24,9 millions de dollars, en plus d’un budget annuel pour les frais de fonctionnement pouvant aller jusqu’à 7,7 millions de dollars. Le Musée canadien de l’immigration connaît un franc succès et continue d’aller de l’avant.

Maintenant, le moment est venu de mettre sur pied le Musée canadien de l’histoire.

En plus, comme John l’a mentionné, nous avons appuyé l’Association des musées canadiens.

Nous avons doublé le soutien offert dans le cadre du Programme d’indemnisation pour les expositions itinérantes au Canada, le faisant passer de 1,5 milliard à 3 milliards de dollars par année. Grâce à ce programme, les musées de plus petite taille de partout au pays peuvent accueillir des expositions canadiennes et internationales malgré leurs moyens financiers modestes. Ainsi, les expositions peuvent être présentées un peu partout au pays afin de raconter nos histoires. De plus, les musées peuvent poursuivre leur travail et élargir leurs activités.

Pour moi, il s’agit d’un programme important, particulièrement lorsque je pense à ce petit musée à Midway ou encore au Port Moody Station Museum.

Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le visiter, le musée de la gare de Port Moody est tout à fait charmant. Il est situé dans la gare originale qui servait autrefois de terminus au chemin de fer Canadien Pacifique à la sortie de la Colombie-Britannique.

Mais lorsque vous visitez ce musée, vous comprenez assez rapidement que son exposition n’a pas évolué depuis près de 30 ans. Tout le monde à Port Moody la connaît.

C’est très bien de pouvoir y amener les élèves de 6e et de 7e année et d’avoir un historien sur place qui leur explique l’histoire de Port Moody, la situation actuelle de la ville et son évolution.

Mais il est vrai aussi que nous avons là une chance formidable. En effet, nous avons cet établissement patrimonial et ces bénévoles qui meurent d’envie de parler de l’histoire du Canada. Or, en créant des liens avec le Musée canadien de l’histoire, nous aurons maintenant l’occasion d’avoir accès à des collections et de raconter de nouveaux récits. Nous pourrons aussi encourager les musées à développer des thèmes qui intéresseront les visiteurs d’ici. Les musées de plus petite taille pourront aussi se renouveler en ayant la possibilité d’obtenir des artefacts, de ramasser des fonds et de préparer des expositions pour raconter l’histoire de leur région. Les musées qui, depuis trop longtemps, offraient toujours les mêmes expositions profiteront ainsi d’un nouvel élan.

En encourageant les musées locaux à conclure des ententes avec le nouveau Musée canadien de l’histoire, en doublant le soutien offert dans le cadre du Programme d’indemnisation pour le faire passer de 1,5 milliard à 3 milliards de dollars, vous avez maintenant l’infrastructure et l’argent nécessaires pour alimenter le système et pour présenter des expositions dans tout le pays. Songez qu’à l’heure actuelle, près des trois quarts de la collection du Musée canadien des civilisations sont en entrepôt. Vous conviendrez avec moi que c’est dommage de ne pas la voir.

À quelques reprises, Mark m’a fait visiter les entrepôts du Musée canadien de la guerre. Je peux vous affirmer que sa collection d’œuvres d’art est stupéfiante et qu’elle remplirait à elle seule une salle trois fois plus grande que celle-ci.

Pour ceux qui n’ont pas eu le plaisir de l’admirer, cette collection comporte des œuvres d’art de tous les conflits et les guerres auxquels le Canada a pris part. Or, tous ces trésors dorment en entrepôt. Nous pouvons partager cette collection inestimable avec l’ensemble du pays, raconter les récits qui s’y rattachent et souligner les perspectives d’avenir du Canada.

Je suis très fier des décisions prises par notre gouvernement. Vous savez que nous sommes le seul gouvernement au monde à avoir créé deux nouveaux musées nationaux, maintenant deux et demi, au cours de la récession. Nous avons aussi doublé le soutien offert dans le cadre du Programme d’indemnisation. De plus, nous avons appuyé l’Association des musées canadiens et tous les établissements au pays qui font tous un excellent travail.

Puis, au pire moment de la récession, nous avons doublé le budget du Fonds du Canada pour les espaces culturels pour les infrastructures culturelles, qui est passé de 30 à 60 millions de dollars. Nous voulions que les musées de partout au pays aient les moyens d’installer un équipement de lutte contre les incendies, de nouveaux systèmes de sonorisation et de scénarisation, de même que tous les autres outils nécessaires à la construction et à la rénovation des musées locaux pour assurer leur survie à long terme. Voilà une démarche d’une grande importance dont je suis très fier.

Ce matin, j’aimerais vous dire que nous allons de l’avant et que nous voulons travailler avec vous. John fait un excellent travail en votre nom en me talonnant sans cesse, mais toujours avec le sourire. Il le fait avec une énergie, une passion et un engagement sans borne. Je sais que ça reflète aussi votre propre engagement pour le travail bien fait, tel que vous l’accomplissez dans les différents établissements patrimoniaux au pays.

Qu’il s’agisse du Musée royal de l’Ontario, du Musée Glenbow, du Royal BC Museum, du petit musée de Midway en Colombie-Britannique ou du musée de la gare de Port Moody et de tous les autres, les musées sont des établissements extraordinaires qui, dans leur coin de pays, font la fierté de chaque résidant. Tout le monde est fier d’accueillir les membres de sa famille durant la période des Fêtes ou durant l’été et de pouvoir leur dire : « Vous devez visiter notre musée » ou « Vous devez absolument voir cette exposition. Vous allez l’adorer. »

En tant que gouvernement national, nous voulons créer le nouveau Musée canadien de l’histoire et nous voulons que vos musées et vos partenaires puissent conclure des ententes pour en devenir des partenaires officiels. Vous aurez ainsi accès aux riches collections du Musée et pourrez préparer de nouvelles expositions thématiques. Vous pourrez aussi obtenir des artefacts, les exposer et raconter aux jeunes des chapitres de l’histoire du Canada. Qu’il s’agisse du Marathon de l’espoir de Terry Fox, de la mission de Julie Payette dans l’espace, de l’histoire politique du Canada, des arts de la scène ou encore de la tournée du Royal Winnipeg Ballet en Bulgarie en pleine guerre froide, ainsi que de son incidence tant sur les Bulgares que sur les membres de la troupe, ce sont tous des thèmes passionnants auxquels vous aurez accès et qui vous permettront de vous lancer dans de nouveaux récits sur l’histoire du Canada.

Nous voulons édifier un nouveau musée à temps pour le 150e anniversaire de la Confédération. Ce sera plus qu’un symbole de la région de la capitale nationale : ce sera un allié de premier choix pour tous les musées au pays. Nous voulons donner un nouvel élan à vos musées afin que nous puissions, tous ensemble, nous préparer à célébrer le 150e anniversaire du Canada.

Aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape. Dans environ une heure, je déposerai à la Chambre des communes le projet de loi visant la création du Musée canadien de l’histoire, un projet auquel nous consacrerons 25 millions de dollars.

Comme je l’ai déjà dit, nous avons maintenu les budgets d’appui à tous nos musées nationaux. En cette année d’austérité et de compressions budgétaires, nous avons dû prendre des décisions difficiles. Mais la décision de protéger nos musées et leur financement n’en était pas une. Tout comme la décision de ne pas réduire, mais bien de doubler le soutien offert dans le cadre du Programme d’indemnisation. Je suis très fier que nous nous soyons tournés vers l’avenir et que nous ayons choisi d’être plus généreux avec nos musées durant une période où presque tous les autres postes de dépenses ont subi des compressions. Je suis fier de cette décision parce que tous les établissements et les collectivités que vous représentez sont indispensables pour raconter l’histoire du Canada.

En tant que pays, nous avons une histoire extraordinaire à raconter et je suis très fier du travail que vous accomplissez. En travaillant ensemble, nous pourrons participer à ce grand projet commun qui vise à raconter l’histoire du Canada à tous les Canadiens.

Merci beaucoup.