Description

L'écu

Les armoiries du Canada reflètent les symboles royaux de la Grande-Bretagne et de la France (les trois lions royaux d'Angleterre, le lion royal d'Écosse, la fleur de lis royal de France et la harpe royale irlandaise de Tara ornent l'écu), au bas desquels se trouve un rameau de trois feuilles d'érable représentatif de tous les Canadiens et Canadiennes quelles que soient leurs origines.

Les trois léopards d'or de l'Angleterre

Le premier quartier renferme les armes d'Angleterre : sur fond rouge, trois léopards d'or (le lion passant la tête de front se nomme léopard en terminologie héraldique française). Le lion est le plus vieil emblème connu en héraldique et en tant que « roi des animaux », il fut choisi par les rois de Léon, de Norvège et du Danemark. L'origine des trois léopards d'Angleterre demeure cependant un mystère.

Au XIe siècle, Henri I, le « lion de justice », peut avoir été le premier roi à utiliser le léopard dans ses armes. Personne ne semble connaître la raison de l'apparition d'un second léopard, mais lorsque Henri II épousa Aliénor d'Aquitaine (dont les armes familiales portaient également le léopard), tout porte à croire qu'un troisième léopard fut ajouté aux armoiries d'Angleterre. Il ne fait cependant aucun doute que lorsqu'il mena ses troupes anglaises aux croisades, Richard I, "Cœur de Lion", portait un bouclier peint de trois léopards d'or sur fond rouge qui furent adoptés pour les armes royales d'Angleterre jusqu'à ce jour.

Le lion d'Écosse

Dans le deuxième quartier se trouvent les armes de l'Écosse : sur un fond d'or, un lion rouge dressé sur sa patte arrière gauche, à l'intérieur d'une double bordure rouge ornée de fleurs de lis. Le lion d'Écosse fit probablement son apparition avec le roi Guillaume, appelé « le lion ». Il fut certainement utilisé par son fils, Alexandre III, qui fit de l'Écosse une nation indépendante.

La harpe d'or irlandaise

Le troisième quartier reproduit les armes de l'Irlande : sur un fond azur, une harpe d'or aux cordes d'argent. Au nord de Dublin se trouve une colline du nom de Tara. Elle fut, pendant des siècles, la capitale religieuse et culturelle de la vieille Irlande. On peut encore y voir ce que l'on croit être la salle de banquet de 230 mètres des rois irlandais. Thomas Moore fait revivre l'histoire de ce site dans l'une des plus fameuses lyriques irlandaises commençant par ces mots : « The harp that once through Tara's hall the soul of music shed... » (La harpe qui autrefois déversa l'âme de la musique dans le hall de Tara). Il existe une légende, relatée dans « The Romance of Heraldry » de C.W. Scott-Giles, qui nous raconte que cette harpe fut trouvée et remise au pape. Au XVIe siècle, lorsque Henri VIII réprima le peuple irlandais et désira être considéré l'héritier légal des rois de la vieille Irlande, le pape envoya la harpe en Angleterre. Henri en fit un emblème qu'il ajouta à ses armoiries faisant ainsi de la harpe le symbole de l'Irlande.

Les fleurs de lis de la France royaliste

Le quatrième quartier est fait des armes de la France royaliste : sur un fond azur, trois fleurs de lis d'or. La fleur de lis fut le premier symbole héraldique au Canada. Le 24 juillet 1534, lorsque Jacques Cartier débarqua à Gaspé, il planta une croix sur laquelle il fixa le symbole de son souverain et de la maison royale de France.

Les trois feuilles d'érable

La troisième partie de l'écusson renferme l'emblème du Canada; sur un fond argenté ou blanc, trois feuilles d'érable rouges sur une même tige. Au XIXe siècle, la feuille d'érable était devenue étroitement identifiée au Canada. Elle fut portée, entre autres, en tant que symbole du Canada, lors de la visite du prince de Galles en 1860. La chanson The Maple Leaf Forever écrite en 1868 par un enseignant de Toronto, Alexander Muir, était devenue la chanson nationale du Canada. Durant la Première Guerre mondiale, la feuille d'érable avait été adoptée pour l'écusson de plusieurs régiments canadiens. Trois feuilles d'érable furent donc ajoutées à l'écusson des armoiries pour le rendre distinctement « canadien ».

Le ruban

Sur avis du premier ministre du Canada, Sa Majesté la reine a approuvé, le 12 juillet 1994, que les armoiries du Canada soient augmentées d'un ruban portant la devise de l'Ordre du Canada : Desiderantes Meliorem Patriam. (Ils aspirent à une meilleure patrie).

L'heaume et les lambrequins

En héraldique, l'heaume ou casque est normalement placé au-dessus de l'écu des armoiries. Il ne sert pas uniquement à supporter le cimier, mais il a une signification bien particulière puisqu'il indique le rang des personnes possédant les armoiries. Sur le casque sont drapés des lambrequins. À l'origine, ceux-ci protégeaient la tête et les épaules du porteur de la chaleur du soleil. On les retrouve aujourd'hui comme éléments décoratifs du cimier et de l'écu.

L'heaume dans les armoiries du Canada est un casque en or barré, présenté de face, et drapé de lambrequins blancs et rouges, les couleurs officielles du Canada.

Le cimier

Le casque royal, drapé de lambrequins blancs et rouges, est surmonté du cimier formé d'un tortil, ou bourrelet en torsade, de soie blanche et rouge sur lequel se tient un léopard d'or couronné et tenant dans sa patte droite une feuille d'érable rouge. Le lion est un symbole de bravoure et de courage, une bête puissante et un adversaire redoutable.

Le cimier est le symbole de la souveraineté du Canada. On le retrouve depuis 1980 sur le pavillon particulier du gouverneur général.

Les supports

Les figures souvent féroces qui sont placées de chaque côté de l'écusson sont appelées « supports » en héraldique. Les rois d'Angleterre avaient choisi deux lions et les rois d'Écosse deux licornes. Le roi Jacques VI d'Écosse, en devenant Jacques I d'Angleterre, en 1603, prit pour supports un lion et une licorne. Le Canada adopta le même modèle.

Du côté gauche de l'écu, un lion tient une lance d'argent, à pointe d'or, déployant le drapeau de l'Union (Union Jack). Du côté droit de l'écu, une licorne, dont la corne, la crinière et les sabots sont d'or, porte en collier, retenu par une chaîne, une couronne d'or faite de croix et de fleurs de lis, et tient une lance où est déployée la bannière de la France royaliste, soit trois fleurs de lis d'or sur fond azur.

La devise

La devise du Canada A Mari usque ad Mare (D'un océan à l'autre) vient du Livre des Psaumes, chapitre 72, verset 8 (Et il régnera depuis une mer jusqu'à l'autre, et depuis un fleuve jusqu'aux limites de la terre). Cette phrase fut la première fois utilisée en 1906 sur la masse de la nouvelle province de la Saskatchewan. Ce fait intéressa sir Joseph Pope, alors sous-secrétaire d'État, et les mots choisis l'impressionnèrent vivement. Il la suggéra comme devise pour les nouvelles armoiries, approuvées par décret le 21 avril 1921 et par une proclamation royale le 21 novembre de la même année.

Les quatre emblèmes floraux

L'emblème floral à la base des armoiries reprend les symboles royaux : la rose anglaise, le chardon écossais, la fleur de lis française et le trèfle irlandais.
  • La rose anglaise - Lorsque Henri III épousa Éléonore de Provence, la rose dorée de Provence devint l'emblème floral de l'Angleterre. De cette rose dorée naquirent la rose rouge de la Maison de Lancastre et la rose blanche de la Maison d'York.
  • Le chardon d'Écosse - Une légende raconte qu'en 1010, lorsque les Danois tentèrent de conquérir l'Écosse, ils profitèrent de la nuit pour attaquer le château de Stains. Pour éviter d'être trop bruyants, ils enlevèrent leurs chaussures. La garnison fut alertée par les cris des Danois qui, en sautant dans un fossé sec, tombèrent sur des chardons. Le château et l'Écosse furent sauvés et, on croit qu'en mémoire de cette nuit, le chardon devint l'emblème floral de l'Écosse.
  • Le trèfle d'Irlande - Les légendes irlandaises laissent croire qu'en introduisant le christianisme en Irlande, saint Patrick utilisa les trois pétales du trèfle pour illustrer la Trinité. Ce serait la raison pour laquelle le trèfle devint l'emblème floral de l'Irlande.
  • La fleur de lis - Par suite de son adoption par le roi de France, la fleur de lis devint également l'emblème de la France. Aux XIIIe et XIVe siècles, les trois pétales du lis de France symbolisaient la Foi, la Sagesse et la Chevalerie et, comme en Irlande, la Trinité.

La couronne impériale

La couronne impériale surmonte les armoiries et indique la présence d'un souverain comme chef d'État du Canada.

La forme des symboles dans les armoiries peut être modifiée par un artiste puisque l'héraldique, en plus d'être une science, est également un art. Cependant, les symboles eux-mêmes ne peuvent jamais être changés sans une approbation formelle. En 1957, lorsque les armoiries du Canada subirent quelques modifications visant à leur donner une apparence plus moderne et plus simple, le gouvernement remplaça la couronne des Tudors du dessin original de 1921 par une couronne représentant non seulement une des familles royales des souverains anglais, mais des siècles de rois et reines d'Angleterre. En conformité du vœu exprimé par la reine Elizabeth II, la couronne de saint Édouard est maintenant sur les armoiries du Canada; c'est cette couronne qui est utilisée lors du couronnement des rois et reines à l'abbaye de Westminster depuis des siècles.