Évolution de l'héraldique

Les armoiries doivent leur existence au besoin d'une marque d'identité. Importantes en temps de paix, elles devenaient souvent question de vie ou de mort en temps de guerre.

Il y a des siècles, peu savaient lire. Nos ancêtres n'avaient pas comme nous les journaux illustrés, le cinéma et les mille autres manières de reconnaître et d'identifier les personnes. On peut appeler l'art héraldique « l'écriture par l'image », inventée par le Moyen Âge comme mode de reconnaissance. Les peuples de cette époque avaient un sentiment artistique remarquable, supérieur peut-être à celui de leurs descendants; ils aimaient les couleurs vives et s'en servaient avec beaucoup de goût. Le système d'identification qu'ils imaginèrent est non seulement ingénieux mais aussi d'une grande beauté. C'est pour sa beauté comme pour son utilité qu'il a survécu.

Malgré l'imprimerie, la photographie et autres inventions récentes, nous faisons encore usage d'emblèmes, d'insignes et de symboles. La feuille d'érable suggère aussitôt le Canada; le lis, la France; le chardon, l'Écosse; la rose, l'Angleterre; le trèfle, l'Irlande; le poireau, le Pays de Galles. Tous sont des emblèmes. Les peuples du Moyen Âge, méthodiques sous certains rapports, ont systématisé cette coutume de s'exprimer par des symboles. Le blason en est la forme la plus élaborée.

Il convient de noter qu'aucun pays n'abandonne l'usage des armoiries. Elles ont un rôle essentiel dans la conservation des traditions et l'inspiration de l'amour de la patrie. Le drapeau, bien qu'il soit d'usage plus commun, lui doit souvent son origine.