Le présent projet s'inscrit dans le Plan d'action pour les langues officielles du gouvernement canadien. Cette initiative horizontale menée avec le Conseil des ministres de l'Éducation (Canada) [CMEC] viendra appuyer les objectifs du Plan d'action du Canada en proposant des projets éducatifs à l'échelle pancanadienne qui feront avancer le développement et la recherche dans le domaine de l'éducation en milieu linguistique minoritaire francophone. Des projets conjoints dans des domaines tels que le développement de ressources didactiques et pédagogiques, l'élaboration de stratégies d'intervention et la formation professionnelle pourraient servir d'assise à des partenariats visant l'atteinte d'objectifs communs au milieu éducatif francophone minoritaire. Les provinces et territoires pourront tirer profit de la mise en commun de ressources et d'expertises provenant des diverses instances.
Par l'entremise des ententes bilatérales avec le ministère du Patrimoine canadien, les provinces et territoires énoncent leur vision de l'éducation en langue française tout en poursuivant les objectifs énoncés dans le Plan d'action pour les langues officielles du gouvernement canadien. Dans l'ensemble, les provinces et territoires ciblent l'épanouissement, la croissance et le développement de la langue et de la culture françaises, le recrutement d'un plus grand nombre d'enfants d'ayants droit dans les écoles de langue française et l'augmentation du nombre de jeunes diplômés bilingues, en offrant un éventail de programmes, de services et de ressources de choix en langue française. Le partenariat du Canada avec les provinces et territoires contribuera à augmenter l'accès à l'éducation en langue française et à améliorer le rendement des élèves. Ces programmes seront soutenus par un personnel enseignant compétent et engagé, habilité à enseigner dans un contexte minoritaire.
HISTORIQUE – PROJET PANCANADIEN DE FRANÇAIS LANGUE PREMIÈRE (PPCFLP) – PHASE I
En ce qui concerne le PPCFLP, le CMEC constate que de nombreux d'efforts ont été faits, mais qu'il reste encore beaucoup à faire et à consolider. Lors de leur rencontre à Fredericton en octobre 2000, les ministres de l'Éducation ont appuyé la première phase du PPCFLP. Ce projet visait à optimiser les conditions d'apprentissage du français langue première dans les écoles francophones en milieu linguistique minoritaire afin d'améliorer le rendement scolaire des élèves.
Les ministres ont pris connaissance en avril 2003 des observations et recommandations relatives au Volet A du PPCFLP qui consistait en un rapport analytique des résultats obtenus aux évaluations du Programme d'indicateurs du rendement scolaire (PIRS) par les élèves canadiens de 13 et de 16 ans. De ce rapport, réalisé par MM. R. Landry et R. Allard de l'Université de Moncton, se dégagent plusieurs constatations parmi lesquelles nous retenons les suivantes :
Les auteurs stipulent que l'analyse des relations entre les variables contextuelles et le rendement des élèves francophones en milieu linguistique minoritaire leur permet de comprendre « l'importance des compétences langagières dans la réussite scolaire et cela dans toutes les matières ». Il semble donc urgent, à la lumière de ces consultations, de développer des outils pédagogiques qui viendront appuyer et favoriser le développement et l'aisance de l'élève (évoluant en milieu linguistique minoritaire) des diverses facettes de l'utilisation des compétences langagières. D'autres chercheurs démontrent que l'apprentissage de la lecture est favorisé par le développement d'habiletés langagières orales ainsi que par l'émergence de capacités dites métalinguistiques (Françoise Armand, 2000), tandis que Lieury (1991) prouve que les corrélations entre réussite scolaire et connaissances lexicales sont plus élevées qu'entre réussite scolaire et quotient intellectuel. Ainsi, optimiser l'enseignement et l'apprentissage de l'expression orale serait la piste à privilégier selon ces chercheurs pour améliorer le rendement scolaire de l'élève.
À la lumière des résultats de ce rapport analytique, le Comité directeur du PPCFLP a fait part des priorités concernant des travaux conjoints additionnels et de la faisabilité d'entreprendre des projets pratiques destinés à améliorer le rendement des élèves francophones en milieu linguistique minoritaire. Une consultation effectuée par le Comité directeur auprès des directions des programmes d'éducation en langue française des diverses instances a permis de dégager deux priorités :
Priorité 1 : Élaboration d'une trousse de formation en communication orale
Priorité 2 : Élaboration d'une trousse de formation sur les stratégies cognitives et métacognitives en lecture et en écriture
En conséquence, le CMEC convient de mettre en oeuvre des projets éducatifs à l'échelle pancanadienne qui feront avancer le développement et la recherche dans le domaine de l'éducation francophone en milieu linguistique minoritaire, notamment en ce qui concerne de nouvelles ressources didactiques et pédagogiques.
HISTORIQUE – POLITIQUE D'AMÉNAGEMENT LINGUISTIQUE (PAL) – MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION DE L'ONTARIO
Parallèlement à l'analyse menée dans le cadre du PPCFLP, le ministère de l'Éducation de l'Ontario s'est doté d'une Politique d'aménagement linguistique (PAL). Tous reconnaissent la politique comme étant une initiative à la fois constructive et nécessaire pour la communauté franco-ontarienne. La PAL établit cinq axes d'intervention qui seront aussi les piliers de la trousse de formation en communication orale proposée :
Grâce à cette initiative, l'Ontario dispose maintenant d'une expertise pertinente qui lui permettra de mettre en oeuvre avec confiance le premier volet de cette deuxième phase du PPCFLP.
PROJET PANCANADIEN DE FRANÇAIS LANGUE PREMIÈRE (PPCFLP) – PHASE II
À la réunion du CMEC tenue en octobre 2003 à St. John's, Terre-Neuve-et-Labrador, les ministres de l'Éducation ont appuyé la proposition du présent projet, qui prévoit la poursuite de la coopération dans le domaine de l'éducation en français langue première en milieu linguistique minoritaire. Les 11 provinces et territoires membres du Consortium du PPCFLP ont approuvé cette proposition.
La deuxième phase du Projet pancanadien de français langue première consistera en deux volets, correspondant aux deux priorités identifiées à la conclusion du premier projet, soit :
RÔLES DES INSTANCES ET DES PARTENAIRES
Hormis le Québec, toutes les provinces et territoires participeront au projet. Les divers rôles et responsabilités relatifs à ce projet sont décrits ci-dessous.
CMEC
Les ministres et les sous-ministres, par l'intermédiaire des mécanismes appropriés du CMEC, seront chargés :
Secrétariat du CMEC
Le Secrétariat du CMEC sera chargé :
Comité directeur
Le Comité directeur, composé des sous-ministres adjointes et adjoints (SMA) responsables des programmes d'études francophones représentatifs des régions participantes du Canada, assurera la gestion globale du projet, comme c'était le cas pour la gestion de la Phase I du PPCFLP. Ce comité sera responsable :
Directions des programmes francophones
Les directions des programmes francophones des instances participantes seront chargées :
Instances responsables – Ontario (Volet 1) et Île-du-Prince-Édouard (Volet 2)
L'instance responsable de chaque volet du projet sera chargée d'assurer le soutien logistique, notamment :
Équipes de travail
En plus des structures susmentionnées, chaque volet du projet disposera d'une équipe de travail composée d'une représentante ou d'un représentant de chaque instance participante. Chaque province et territoire a le choix de participer ou non au projet dans son ensemble ou à une de ses composantes. Les provinces et territoires peuvent choisir de participer individuellement ou par l'entremise d'une organisation régionale (p. ex. : le Conseil atlantique des ministres de l'Éducation et de la Formation (CAMEF) et le Consortium des provinces de l'Ouest).
Rôle des organisations non gouvernementales (ONG)
Les organisations non gouvernementales (ONG) en éducation ayant un rayonnement au niveau pancanadien seront consultées. Elles bénéficieront de l'expertise de leurs représentants au niveau provincial/territorial et local. Ce sont notamment :
De plus, les représentants des instances au sein de chaque équipe de travail consulteront aussi d'autres organismes communautaires au sein de leur instance au cours du développement de leur projet respectif (p. ex. : psychologues, psycho-éducatrices et psycho-éducateurs, conseils et directions d'école).
Tout d'abord, les consultations auront pour but de les informer, d'obtenir leur adhésion au projet et de recueillir leurs idées sur les éléments jugés essentiels que devraient contenir la trousse de formation en communication orale (Volet 1) et la trousse de formation sur les stratégies cognitives et métacognitives en lecture et écriture (Volet 2). Ensuite, ils auront l'occasion de fournir des commentaires à partir des éléments des ébauches de chacune de ces deux trousses. Finalement, ils collaboreront dans le cadre des activités conjointes de mise en oeuvre du projet, resserrant ainsi les liens entre eux et les ministères de l'Éducation.
Mode de financement
Les instances n'ont pas toutes la même capacité d'investissement dans un projet de cette envergure, mais elles ont toutes les mêmes besoins. Les instances en général semblent vouloir, comme pour la première phase du PPCFLP, un financement partagé à 50 p. 100, c'est-à-dire 50 p. 100 financés collectivement par les instances selon une formule de pondération équitable et 50 p. 100 financés par Patrimoine canadien. La participation financière du gouvernement fédéral est une condition indispensable à la réalisation du projet.