Chapitre 8 – Majorités et minorités de langue officielle : un aperçu
Définitions et utilisations
Langue maternelle et première langue officielle parlée (méthode I)
Répartition géographique
Évolution
Répartition par âge
Vue d’ensemble
Le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada, mais il n’y a pas à proprement parler une définition valable en toutes circonstances de ce qu’on entend par majorités et minorités de langue officielle. Certes, il y a deux majorités, la francophone au Québec et l’anglophone dans les autres provinces et territoires76 ainsi que dans l’ensemble du pays, et deux minorités de langue officielle, l’anglophone au Québec et la francophone dans les autres provinces et territoires ainsi que dans l’ensemble du pays. Mais comment définir les notions de francophone et d’anglophone? On s’en tiendra dans la suite aux définitions qui se fondent sur les questions posées dans le recensement. Une attention particulière sera portée à la notion de première langue officielle parlée, variable dérivée des trois principales questions posées dans les recensements décennaux depuis 1971 et dans ceux de la mi-décennie depuis 1986.
Définitions et utilisations
Il y a plusieurs façons de définir les francophones et les anglophones à partir des questions posées dans les recensements. Les statistiques que l’on en tire furent du reste présentées à tour de rôle dans les quatre premiers chapitres, lesquels portaient sur la langue maternelle, sur la connaissance des langues, en particulier du français et de l’anglais, sur la ou les langues parlées à la maison et, enfin, sur la ou les langues utilisées au travail. Un nombre important de personnes ne sont ni francophones ni anglophones d’après la langue maternelle ou d’après la langue parlée le plus souvent à la maison. Elles appartiennent à un sous-ensemble très hétérogène, les allophones. À l’extérieur de la famille, des relations amicales ou des commerces de proximité, ceux-ci doivent presque toujours faire usage du français ou de l’anglais dans le domaine public, en particulier en milieu scolaire, dans le monde du travail77 ou pour obtenir des biens et des services privés ou publics. D’un point de vue analytique, la variable dérivée « première langue officielle parlée » vise à inclure les allophones dans la population de langue officielle française ou anglaise, selon la langue vers laquelle ils s’orientent.
La première langue officielle parlée permet de tracer un portrait de la situation géographique, démographique, ethnoculturelle et socio-économique des groupes ou communautés de langue officielle78. Elle procure notamment une mesure de l’orientation des allophones vers le français ou l’anglais. Cette variable comprend deux catégories principales, d’une part le français et d’autre part l’anglais, et deux catégories résiduelles, d’une part le français et l’anglais et d’autre part ni le français ni l’anglais. Deux méthodes ont été proposées pour créer la variable « première langue officielle parlée » (Statistique Canada, 1989). Le gouvernement fédéral a choisi la méthode I dans le Règlement sur les langues officielles — communications avec le public et prestation des services, enregistré en 199179. On y indique au surplus que la catégorie « anglais et français » est répartie « en parts égales entre le français et l’anglais ». Cela crée deux catégories principales élargies, soit « français plus » et « anglais plus » et confère un statut officiel à la variable « première langue officielle parlée » déterminée par la méthode I. C’est pour cette raison que Statistique Canada la diffuse depuis le Recensement de 1991 et que nous l’utiliserons dans la suite.
L’épithète « parlée » dans l’expression « première langue officielle parlée » souligne que la personne doit pouvoir soutenir une conversation dans la langue correspondant à la catégorie assignée. Dans l’une et l’autre méthode, la première étape consiste donc à attribuer la catégorie « français » aux personnes qui peuvent soutenir une conversation en français mais non en anglais et la catégorie « anglais » à celles qui peuvent soutenir une conversation en anglais mais non en français. Il reste à classer les personnes qui connaissent le français et l’anglais ou qui ignorent les deux langues officielles. Le qualificatif « première » dans l’expression « première langue officielle parlée » revêt deux significations. Au sens d’« initiale », la variable s’apparente à la langue officielle apprise ou parlée en premier lieu. C’est pourquoi la méthode I donne priorité à la langue maternelle sur la langue parlée le plus souvent à la maison. C’est l’inverse pour la méthode II pour laquelle « première » a plutôt le sens de « principale », soit la langue officielle la mieux connue actuellement ou le plus souvent parlée à la maison. La méthode I fait d’abord appel aux données relatives à la langue maternelle : sont classées dans la catégorie « français » les personnes qui ont déclaré pour langue maternelle le français ou le français et une tierce langue; la catégorie « anglais » est attribuée aux personnes ayant déclaré pour langue maternelle l’anglais ou l’anglais et une tierce langue. Pour les cas non encore classés dans l’une ou l’autre des catégories principales, les renseignements touchant la langue parlée le plus souvent à la maison sont utilisés. La catégorie « français » est attribuée aux personnes ayant déclaré le français ou le français et une tierce langue comme langue parlée le plus souvent à la maison; la catégorie « anglais » est assignée de façon analogue.
Dans l’une et l’autre méthode, les effectifs des catégories résiduelles sont identiques (tableau 8.1). Les catégories principales représentent 96 % de la population au Québec et 98 % à l’extérieur du Québec. Au Québec, l’effectif de l’anglais en tant que première langue officielle parlée de même que celui du français varient fort peu que la méthode I ou la méthode II soit choisie. Pour l’anglais, il y a néanmoins un gain de 9 400 de la méthode I (885 400 personnes) à la méthode II (894 800), qui s’inverse en une perte de même valeur pour le français. Cela tient au fait que, parmi la population qui connaît le français et l’anglais, les transferts de la langue maternelle française à langue d’usage anglaise excèdent d’environ 10 000 les déplacements inverses de l’anglais au français. À l’extérieur du Québec, les transferts nets du français à l’anglais sont beaucoup plus importants : il en résulte une forte baisse du français (première langue officielle parlée) de la méthode I (940 400 personnes) à la méthode II (613 600). C’est que les personnes de langue maternelle française qui parlent le plus souvent l’anglais à la maison sont classées dans la catégorie « français » par la méthode I et dans la catégorie « anglais » par la méthode II.
| Région | Première langue officielle parlée | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Anglais | Français | Anglais et français | Ni anglais ni français | Anglais plus | Français plus | |
| effectifs en milliers | |||||||
| Canada | |||||||
| Méthode I | 31 241,0 | 23 197,1 | 7 204,4 | 331,9 | 507,6 | 23 363,1 | 7 370,4 |
| Méthode II | 31 241,0 | 23 533,3 | 6 868,2 | 331,9 | 507,6 | 23 699,2 | 7 034,2 |
| Québec | |||||||
| Méthode I | 7 435,9 | 885,4 | 6 264,0 | 218,6 | 68,0 | 994,7 | 6 373,2 |
| Méthode II | 7 435,9 | 894,8 | 6 254,6 | 218,6 | 68,0 | 1 004,1 | 6 363,9 |
| Canada moins le Québec | |||||||
| Méthode I | 23 805,1 | 22 311,7 | 940,4 | 113,4 | 439,7 | 22 368,3 | 997,1 |
| Méthode II | 23 805,1 | 22 638,5 | 613,6 | 113,4 | 439,7 | 22 695,2 | 670,3 |
| répartition en % | |||||||
| Canada | |||||||
| Méthode I | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Méthode II | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| Québec | |||||||
| Méthode I | 23,8 | 3,8 | 86,9 | 65,8 | 13,4 | 4,3 | 86,5 |
| Méthode II | 23,8 | 3,8 | 91,1 | 65,8 | 13,4 | 4,2 | 90,5 |
| Canada moins le Québec | |||||||
| Méthode I | 76,2 | 96,2 | 13,1 | 34,2 | 86,6 | 95,7 | 13,5 |
| Méthode II | 76,2 | 96,2 | 8,9 | 34,2 | 86,6 | 95,8 | 9,5 |
| composition en % | |||||||
| Canada | |||||||
| Méthode I | 100,0 | 74,3 | 23,1 | 1,1 | 1,6 | 74,8 | 23,6 |
| Méthode II | 100,0 | 75,3 | 22,0 | 1,1 | 1,6 | 75,9 | 22,5 |
| Québec | |||||||
| Méthode I | 100,0 | 11,9 | 84,2 | 2,9 | 0,9 | 13,4 | 85,7 |
| Méthode II | 100,0 | 12,0 | 84,1 | 2,9 | 0,9 | 13,5 | 85,6 |
| Canada moins le Québec | |||||||
| Méthode I | 100,0 | 93,7 | 4,0 | 0,5 | 1,8 | 94,0 | 4,2 |
| Méthode II | 100,0 | 95,1 | 2,6 | 0,5 | 1,8 | 95,3 | 2,8 |
| Nota : La catégorie « Anglais plus » regroupe la catégorie « Anglais» et la moitié de la catégorie « Anglais et français »; il va de même pour la catégorie « Français plus», en remplaçant « Anglais » par « Français ». Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2006. | |||||||
La proportion de la population qui ignore tant le français que l’anglais est plus faible au Québec (0,9 %) que dans le reste du pays (1,8 %), en raison de la moindre importance des tierces langues maternelles au Québec. Celles-ci y représentent en effet 12 % de la population, par comparaison à 23 % dans la population de l’ensemble des autres provinces et territoires80. La catégorie « ni français ni anglais » est formée exclusivement d’allophones et est beaucoup plus répandue parmi les enfants de moins de cinq ans ainsi que parmi les personnes âgées de 70 ans ou plus. Quant à la proportion de la population qui appartient à la catégorie « français et anglais », elle est plus élevée au Québec (2,9 %) qu’ailleurs au pays (0,5 %), en raison de la plus forte prévalence du bilinguisme français-anglais au Québec81. La catégorie est constituée dans 90 % des cas d’allophones tant au Québec que dans le reste du pays; ceux-ci peuvent donc tenir une conversation en français et en anglais, mais ont une langue tierce et pour langue maternelle et pour langue d’usage (prédominante à la maison). Ils sont donc trilingues. Les 10 % restants regroupent des personnes qui ont déclaré connaître le français et l’anglais et avoir au moins les deux langues officielles tant pour langue maternelle que pour langue parlée le plus souvent à la maison. La part des allophones est toutefois plus réduite dans les provinces où ceux-ci représentent une faible proportion de la population. Ainsi, au Nouveau-Brunswick, les allophones représentent 3 % de la population et la catégorie « anglais et français » est constituée à 42 % seulement d’allophones.
Langue maternelle et première langue officielle parlée (méthode I)
L’estimation de la première langue officielle parlée repose sur trois variables tirées du recensement : la connaissance des langues officielles, la langue maternelle et la langue parlée le plus souvent à la maison. Si la méthode utilisée accorde priorité à la langue maternelle sur la langue d’usage, il ne s’ensuit pas que les effectifs de chacune des premières langues officielles parlées sont identiques à ceux de la langue maternelle correspondante. Sauf pour les francophones vivant à l’extérieur du Québec, les écarts sont importants et il est possible de les décomposer en plusieurs éléments distincts.
Au Québec, d’après le Recensement de 2006, le nombre total d’anglophones estimé d’après la première langue officielle parlée s’élève à 995 000, y compris la moitié de l’effectif de la catégorie « français et anglais », et est beaucoup plus élevé que le nombre estimé d'après la langue maternelle (607 000), après égale répartition des réponses multiples entre les langues déclarées82, soit un écart de 388 000 (tableau 8.2). La différence est un peu plus élevée pour les francophones du Québec, soit 456 000. Les déplacements du français (langue maternelle) à l’anglais (première langue officielle parlée) d’un côté et, de l’autre, les déplacements réciproques ont au total un effet net négligeable. En définitive, le solde des déplacements s’élève à 6 000, et il est en faveur du français. Celui-ci résulte d’une part des personnes ayant déclaré le français ou l’anglais comme langue maternelle, mais qui ont indiqué par ailleurs ne pouvoir soutenir une conversation dans cette langue et, d’autre part, des déplacements linguistiques découlant de la répartition des réponses multiples à la question sur la langue maternelle, réponses incluant le français et l’anglais. Les déplacements des tierces langues au profit du français ou de l’anglais sont beaucoup plus nombreux. Ils s’élèvent à 844 000, soit l’écart entre l’effectif des langues maternelles tierces (912 000) et le nombre de personnes de la catégorie « ni français ni anglais » à la variable « première langue officielle parlée » (68 000).
| Déplacements linguistiques | Canada | Québec | Canada moins le Québec | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Anglais plus | Français plus | Ni anglais ni français | Anglais plus | Français plus | Ni anglais ni français | Anglais plus | Français plus | Ni anglais ni français | |
| effectifs en milliers | |||||||||
| Français et anglais | 45,5 | -45,5 | … | -6,0 | 6,0 | … | 51,5 | -51,5 | … |
| Tierces langues | 5 261,8 | 523,7 | -5 785,5 | 393,5 | 450,4 | -844,0 | 4 868,3 | 73,2 | -4 941,5 |
| Complets | 2 586,9 | 215,3 | -2 802,2 | 179,0 | 202,4 | -381,4 | 2 407,9 | 13,0 | -2 420,9 |
| Incomplets | 2 398,9 | 135,6 | -2 534,5 | 104,7 | 130,7 | -235,4 | 2 294,2 | 4,9 | -2 299,1 |
| Indécis | 152,5 | 152,5 | -304,9 | 101,2 | 101,2 | -202,5 | 51,2 | 51,2 | -102,5 |
| Résiduels | 123,6 | 20,2 | -143,8 | 8,5 | 16,1 | -24,7 | 115,0 | 4,1 | -119,1 |
| Total | 5 307,4 | 478,1 | -5 785,5 | 387,6 | 456,4 | -844,0 | 4 919,8 | 21,7 | -4 941,5 |
| Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2006. | |||||||||
Les déplacements des tierces langues maternelles au Québec résultent surtout de l’adoption du français ou de l’anglais comme langue d’usage prédominante à la maison, pour un total de 381 000. Ces déplacements complets profitent plus au français (202 000) qu’à l’anglais (179 000). En deuxième position viennent les déplacements des allophones qui ont toujours une tierce langue pour langue d’usage, mais qui utilisent soit le français soit l’anglais dans le domaine public à cause de leur unilinguisme français ou anglais. Bien entendu, il s’agit là d’un unilinguisme « officiel », car la vaste majorité de ces personnes peuvent aussi soutenir une conversation dans leur langue maternelle. Ces déplacements incomplets concernent 235 000 personnes et profitent aussi plus au français (131 000) qu’à l’anglais (105 000). La troisième position revient aux déplacements résultant de l’égale répartition entre le français et l’anglais de la sous-population des personnes qui connaissent ces deux langues, mais qui parlent une tierce langue le plus souvent à la maison, soit 202 000 personnes. Ces déplacements sont qualifiés d’indécis, car ils concernent des trilingues qui n’ont pas fait choix, selon les renseignements pris en compte, de l’une ou l’autre langue officielle. Enfin, un dernier élément correspond aux déplacements dits résiduels, car ils rassemblent les cas de déplacement linguistique qui résultent de la répartition des réponses multiples à la question sur la langue maternelle, réponses incluant une langue tierce. Ces déplacements (25 000) profitent plus au français (16 000) qu’à l’anglais (9 000). Tous éléments confondus, les déplacements des tierces langues maternelles se font à 53 % au profit du français (450 000) et à 47 % à celui de l’anglais (394 000). Si l’on exclut les déplacements indécis des allophones bilingues qui parlent le plus souvent à la maison leur langue maternelle, les déplacements restants des tierces langues maternelles, dénommés déplacements accomplis, se font à 54 % en faveur du français (349 000) et à 46 % au profit de l’anglais (292 000), pourcentages peu différents des précédents83.
À l’extérieur du Québec, les déplacements des tierces langues maternelles vers le français (73 000) représentent 1,5 % du total. Dans 7 cas sur 10, il s’agit de déplacements indécis (51 000), lesquels concernent les allophones qui connaissent les deux langues officielles et qui ont une tierce langue comme langue d’usage prédominante à la maison. Ces cas annulent les déplacements nets négatifs résultant des échanges entre le français et l’anglais, soit 52 000; la majorité de ceux-ci (30 000) correspondent à des personnes de langue maternelle française qui ont cependant déclaré ne pouvoir tenir une conversation en français. Tous éléments pris en compte, l’estimation du français en tant que première langue officielle parlée (997 000) dépasse de 22 000 celle de la langue maternelle française (975 000).
Répartition géographique
La répartition géographique des groupes linguistiques a été présentée au chapitre I en recourant aux statistiques touchant la langue maternelle. Les données relatives à la première langue officielle parlée nous permettent de nuancer l’image d’ensemble, mais celle-ci reste fondamentalement la même (tableau 8.3). L’anglais en tant que première langue officielle parlée, y compris la moitié de la catégorie « français et anglais », rassemble les trois quarts de la population (74,8 %) du pays et il représente au moins 90 % de la population dans toutes les provinces et territoires, sauf au Québec (13,4 %) et au Nouveau-Brunswick (67,2 %). Quant au français, il compte pour près du quart de la population canadienne (23,6 %). Le poids des francophones ne dépasse la moyenne nationale qu’au Nouveau-Brunswick (32,7 %) et surtout au Québec (85,7 %) où ils sont majoritaires. Ailleurs au Canada, les francophones composent moins de 5 % de la population. Avant d’examiner de plus près la répartition géographique des deux langues officielles, nous tracerons un portrait sommaire des deux catégories résiduelles de la variable « première langue officielle parlée ».
La catégorie « ni français ni anglais » compose 1,6 % de la population canadienne et est surreprésentée en Ontario (2,2 %), en Colombie-Britannique (3,0 %) et au Nunavut (7,8 %), c’est-à-dire qu’elle y représente une proportion supérieure à la moyenne nationale ou, ce qui revient au même, qu’elle y est plus concentrée que l’ensemble de la population. Étant donné que cette catégorie est composée exclusivement d’allophones, il n’est pas surprenant que l’Ontario et la Colombie-Britannique soient surreprésentées, car ces provinces renferment la plus forte proportion d’allophones, soit 27 % dans l’un et l’autre cas84. Pour ce qui est du Nunavut, la surreprésentation tient au fait que la majorité de la population est composée de personnes dont la langue maternelle est l’inuktitut et un bon nombre de celles-ci ne connaissent ni le français ni l’anglais. Ailleurs au Canada, c’est au Québec qu’on retrouve le plus grand nombre de personnes appartenant à la catégorie « ni français ni anglais », soit 68 000 ou 13 % du total canadien.
| Région | Première langue officielle parlée | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | Anglais | Français | Anglais et français | Ni anglais ni français | Anglais plus | Français plus | |
| effectifs en milliers | |||||||
| Terre-Neuve-et-Labrador | 500,6 | 497,8 | 1,8 | 0,2 | 0,8 | 497,9 | 1,9 |
| Île-du-Prince-Édouard | 134,2 | 129,0 | 5,1 | 0,1 | 0,0 | 129,0 | 5,1 |
| Nouvelle-Écosse | 903,1 | 868,9 | 31,5 | 1,4 | 1,3 | 869,6 | 32,2 |
| Nouveau-Brunswick | 719,7 | 482,9 | 234,2 | 1,9 | 0,7 | 483,8 | 235,1 |
| Québec | 7 435,9 | 885,4 | 6 264,0 | 218,6 | 68,0 | 994,7 | 6373,2 |
| Ontario | 12 028,9 | 11 189,9 | 497,2 | 80,9 | 260,9 | 11230,4 | 537,6 |
| Manitoba | 1 133,5 | 1 079,2 | 42,1 | 2,0 | 10,2 | 1080,2 | 43,1 |
| Saskatchewan | 953,8 | 935,5 | 14,5 | 0,7 | 3,1 | 935,9 | 14,8 |
| Alberta | 3 256,4 | 3 150,2 | 58,6 | 8,4 | 39,2 | 3154,4 | 62,8 |
| Colombie-Britannique | 4 074,4 | 3 883,2 | 53,1 | 17,4 | 120,8 | 3891,9 | 61,7 |
| Territoire du Yukon | 30,2 | 28,8 | 1,1 | 0,1 | 0,1 | 28,9 | 1,2 |
| Territoires du Nord-Ouest | 41,1 | 39,7 | 1,0 | 0,1 | 0,3 | 39,7 | 1,0 |
| Nunavut | 29,3 | 26,6 | 0,4 | 0,1 | 2,3 | 26,6 | 0,4 |
| Canada moins le Québec | 23 805,1 | 22 311,6 | 940,4 | 113,4 | 439,7 | 22 368,3 | 997,1 |
| Canada | 31 241,0 | 23 197,1 | 7 204,4 | 331,9 | 507,7 | 23 363,0 | 7 370,3 |
| répartition en % | |||||||
| Terre-Neuve-et-Labrador | 1,6 | 2,1 | 0,0 | 0,1 | 0,2 | 2,1 | 0,0 |
| Île-du-Prince-Édouard | 0,4 | 0,6 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,6 | 0,1 |
| Nouvelle-Écosse | 2,9 | 3,7 | 0,4 | 0,4 | 0,3 | 3,7 | 0,4 |
| Nouveau-Brunswick | 2,3 | 2,1 | 3,3 | 0,6 | 0,1 | 2,1 | 3,2 |
| Québec | 23,8 | 3,8 | 86,9 | 65,8 | 13,4 | 4,3 | 86,5 |
| Ontario | 38,5 | 48,2 | 6,9 | 24,4 | 51,4 | 48,1 | 7,3 |
| Manitoba | 3,6 | 4,7 | 0,6 | 0,6 | 2,0 | 4,6 | 0,6 |
| Saskatchewan | 3,1 | 4,0 | 0,2 | 0,2 | 0,6 | 4,0 | 0,2 |
| Alberta | 10,4 | 13,6 | 0,8 | 2,5 | 7,7 | 13,5 | 0,9 |
| Colombie-Britannique | 13,0 | 16,7 | 0,7 | 5,2 | 23,8 | 16,7 | 0,8 |
| Territoire du Yukon | 0,1 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,0 | 0,1 | 0,0 |
| Territoires du Nord-Ouest | 0,1 | 0,2 | 0,0 | 0,0 | 0,1 | 0,2 | 0,0 |
| Nunavut | 0,1 | 0,1 | 0,0 | 0,0 | 0,5 | 0,1 | 0,0 |
| Canada moins le Québec | 76,2 | 96,2 | 13,1 | 34,2 | 86,6 | 95,7 | 13,5 |
| Canada | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 | 100,0 |
| composition en % | |||||||
| Terre-Neuve-et-Labrador | 100,0 | 99,4 | 0,4 | 0,0 | 0,2 | 99,5 | 0,4 |
| Île-du-Prince-Édouard | 100,0 | 96,1 | 3,8 | 0,1 | 0,0 | 96,1 | 3,8 |
| Nouvelle-Écosse | 100,0 | 96,2 | 3,5 | 0,2 | 0,1 | 96,3 | 3,6 |
| Nouveau-Brunswick | 100,0 | 67,1 | 32,5 | 0,3 | 0,1 | 67,2 | 32,7 |
| Québec | 100,0 | 11,9 | 84,2 | 2,9 | 0,9 | 13,4 | 85,7 |
| Ontario | 100,0 | 93,0 | 4,1 | 0,7 | 2,2 | 93,4 | 4,5 |
| Manitoba | 100,0 | 95,2 | 3,7 | 0,2 | 0,9 | 95,3 | 3,8 |
| Saskatchewan | 100,0 | 98,1 | 1,5 | 0,1 | 0,3 | 98,1 | 1,6 |
| Alberta | 100,0 | 96,7 | 1,8 | 0,3 | 1,2 | 96,9 | 1,9 |
| Colombie-Britannique | 100,0 | 95,3 | 1,3 | 0,4 | 3,0 | 95,5 | 1,5 |
| Territoire du Yukon | 100,0 | 95,4 | 3,7 | 0,4 | 0,4 | 95,6 | 3,9 |
| Territoires du Nord-Ouest | 99,9 | 96,5 | 2,3 | 0,3 | 0,8 | 96,7 | 2,4 |
| Nunavut | 100,1 | 90,7 | 1,3 | 0,3 | 7,8 | 90,8 | 1,4 |
| Canada moins le Québec | 100,0 | 93,7 | 4,0 | 0,5 | 1,8 | 94,0 | 4,2 |
| Canada | 100,0 | 74,3 | 23,1 | 1,1 | 1,6 | 74,8 | 23,6 |
| Nota : La catégorie « Anglais plus » regroupe la catégorie « Anglais» et la moitié de la catégorie « Anglais et français »; il va de même pour la catégorie « Français plus», en remplaçant « Anglais » par « Français ». Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2006. | |||||||
La catégorie « français et anglais » est formée à 90 % de personnes de tierces langues maternelles et elle est fortement concentrée au Québec, seule province où elle représente une proportion plus élevée (2,9 %) que la moyenne nationale (1,1 %). Le trilinguisme y est en effet plus répandu, car une fraction importante des allophones y ont appris, en plus de leur langue maternelle, à la fois le français, langue de la majorité au Québec, et l’anglais, lingua franca internationale, langue dominante en Amérique du Nord et langue d’une minorité de statut élevé. L’apprentissage du français ou de l’anglais peut avoir précédé ou suivi l’arrivée au Québec. Le rapport de l’effectif de la catégorie « français et anglais » à celui de la catégorie « français » est toutefois moins élevé au Québec (0,03) que dans plusieurs autres provinces, en particulier en Ontario (0,16) et en Colombie-Britannique (0,33) du fait de la forte proportion d’allophones dans ces deux provinces.
Quelle que soit la variable linguistique utilisée, les anglophones du Québec représentent une faible proportion des anglophones de l’ensemble du pays. Chose à première vue surprenante, leur proportion est plus élevée pour l’estimation d’après la première langue officielle parlée, seule (3,8 %) ou en combinaison avec la moitié de la catégorie « français et anglais » (4,3 %), que pour l’estimation d’après la langue maternelle (3,4 %). Le rapport de l’effectif de l’« anglais plus » en tant que première langue officielle parlée (994 700) à celui de la langue maternelle anglaise (607 200) s’élève à 1,64, par comparaison à 1,28 ailleurs au Canada. Même si toute la population avait l’« anglais plus » comme première langue officielle parlée à l’extérieur du Québec, ce rapport ne pourrait dépasser 1,36. La valeur très élevée au Québec n’est due qu’en partie à l’attraction interne de l’anglais. Bien qu’ils représentent une faible proportion de la population du Québec, les anglophones y profitent, par des mécanismes et des voies multiples, de la forte attraction de leur langue ailleurs dans le monde et en particulier en Amérique du Nord.
La répartition géographique des francophones dépend peu de la variable utilisée pour les définir. Le Québec rassemble toujours une forte proportion d’entre eux : 85,8 % s’ils sont définis d’après la langue maternelle, un peu plus s’ils le sont plutôt d’après la première langue officielle parlée suivant la méthode I (86,5 %) et plus encore suivant la méthode II (90,5 %). Ailleurs au Canada, la moitié d’entre eux vivent en Ontario, le quart au Nouveau-Brunswick et le dernier quart dans l’ensemble des autres provinces et territoires.
En Ontario et au Nouveau-Brunswick, comme on l’a vu au chapitre 1 sur la langue maternelle, les divisions de recensement (DR) à forte densité francophone se retrouvent dans les régions proches du Québec et, réciproquement, les anglophones du Québec composent une proportion plus élevée dans les populations des régions limitrophes de ces provinces et des États-Unis. Toutes ces régions forment une « ceinture bilingue » autour d’un vaste ensemble territorial, au cœur du Québec, qui regroupe les divisions de recensement (DR) où les francophones définis d’après la première langue officielle parlée représentent plus de 85 %85 de la population; une DR du Nouveau-Brunswick, Madawaska, qui jouxte le Québec, s’y rattache, car elle comprend 94 % de francophones. Au total, 4,2 millions de personnes vivent dans cet ensemble territorial86, soit 13,5 % de la population canadienne. Les quelque 4,1 millions de francophones qui y résident en constituent l’immense majorité (97 %) et ceux-ci représentent 55 % des francophones du Canada.
Pour cerner la répartition géographique des groupes de langue officielle, on peut aussi faire appel à des entités urbaines, en l’occurrence les régions métropolitaines de recensement (RMR) et les agglomérations de recensement (AR)87. Pour ne pas alourdir le tableau (8.4), nous nous en sommes tenus à celles où la minorité de langue officielle représentait au moins 5 % de la population ou regroupait au moins 5 000 habitants.
| Région | Première langue officielle parlée | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Total | Anglais plus | Français plus | |||
| effectifs en milliers | effectifs en milliers | % | effectifs en milliers | % | |
| Canada | 31 241,0 | 23 363,1 | 74,8 | 7 370,4 | 23,6 |
| Summerside | 15,9 | 15,0 | 94,0 | 0,9 | 5,9 |
| Halifax | 369,5 | 358,4 | 97,0 | 10,2 | 2,8 |
| Moncton | 124,1 | 80,2 | 64,6 | 43,8 | 35,3 |
| Saint John | 120,9 | 115,4 | 95,4 | 5,3 | 4,4 |
| Fredericton | 85,1 | 78,9 | 92,8 | 6,0 | 7,0 |
| Bathurst | 30,9 | 9,9 | 31,9 | 21,0 | 68,0 |
| Miramichi | 24,5 | 22,4 | 91,7 | 2,0 | 8,2 |
| Campbellton (Partie N.-B.) | 14,4 | 5,6 | 38,8 | 8,8 | 61,1 |
| Edmundston | 21,1 | 1,0 | 4,8 | 20,0 | 95,0 |
| Campbellton (Partie Qc) | 3,0 | 1,6 | 51,2 | 1,5 | 48,1 |
| Québec | 704,2 | 13,1 | 1,9 | 689,8 | 98,0 |
| Sherbrooke | 183,6 | 10,7 | 5,8 | 172,4 | 93,9 |
| Cowansville | 12,1 | 2,0 | 16,7 | 10,1 | 83,3 |
| Montréal | 3 588,5 | 800,6 | 22,3 | 2 731,2 | 76,1 |
| Lachute | 11,5 | 1,3 | 11,4 | 10,2 | 88,5 |
| Hawkesbury (Partie Qc) | 1,4 | 0,1 | 10,4 | 1,3 | 89,6 |
| Ottawa - Gatineau (Partie Qc) | 281,7 | 45,8 | 16,2 | 234,8 | 83,4 |
| Cornwall | 57,3 | 43,1 | 75,3 | 14,0 | 24,4 |
| Hawkesbury (Partie Ont.) | 10,5 | 2,1 | 20,4 | 8,3 | 79,2 |
| Ottawa - Gatineau (Partie Ont.) | 835,5 | 670,3 | 80,2 | 155,2 | 18,6 |
| Pembroke | 22,7 | 21,0 | 92,5 | 1,7 | 7,5 |
| Petawawa | 14,7 | 13,5 | 92,0 | 1,2 | 8,0 |
| Oshawa | 328,1 | 319,7 | 97,4 | 7,1 | 2,2 |
| Toronto | 5 072,1 | 4 775,9 | 94,2 | 87,1 | 1,7 |
| Hamilton | 683,5 | 663,1 | 97,0 | 11,2 | 1,6 |
| St. Catharines - Niagara | 385,0 | 369,0 | 95,8 | 13,7 | 3,6 |
| Kitchener | 446,5 | 433,1 | 97,0 | 7,0 | 1,6 |
| London | 452,6 | 441,2 | 97,5 | 6,7 | 1,5 |
| Windsor | 320,7 | 304,9 | 95,1 | 11,8 | 3,7 |
| Midland | 34,3 | 32,4 | 94,3 | 1,9 | 5,6 |
| North Bay | 62,7 | 52,5 | 83,7 | 10,1 | 16,2 |
| Greater Sudbury/Grand Sudbury | 156,4 | 113,1 | 72,3 | 43,0 | 27,5 |
| Elliot Lake | 11,4 | 9,6 | 83,8 | 1,8 | 16,2 |
| Temiskaming Shores | 12,7 | 9,0 | 70,9 | 3,7 | 29,0 |
| Timmins | 42,5 | 26,0 | 61,2 | 16,4 | 38,7 |
| Winnipeg | 686,0 | 651,1 | 94,9 | 28,8 | 4,2 |
| Calgary | 1 070,3 | 1 031,8 | 96,4 | 18,3 | 1,7 |
| Edmonton | 1 024,8 | 988,5 | 96,5 | 22,4 | 2,2 |
| Cold Lake | 12,0 | 11,1 | 92,4 | 0,9 | 7,5 |
| Vancouver | 2 098,0 | 1 960,0 | 93,4 | 31,4 | 1,5 |
| Victoria | 325,1 | 316,9 | 97,5 | 6,0 | 1,8 |
| Nota : Le total inclut la catégorie « ni français ni anglais ». Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2006. | |||||
Au Nouveau-Brunswick, seulement 46 % des francophones vivent au sein des RMR et AR retenues, par comparaison à 75 % pour les francophones de l’Ontario. Au Québec, 85 % des anglophones du Québec vivent dans la RMR de Montréal ou dans la partie québécoise de la RMR d’Ottawa-Gatineau. Dans les divisions de recensement les plus populeuses qui composent la RMR de Montréal, seule l’île de Montréal (33 %) a une proportion d’anglophones supérieure à celle de l’ensemble de la RMR (22 %), la DR de Laval (19 %) et celle Longueuil (14 %) ayant des proportions inférieures. Avec ses 596 000 anglophones, l’île de Montréal regroupe à elle seule 60 % des anglophones du Québec.
Sauf pour la RMR de Montréal et la partie québécoise de la RMR d’Ottawa-Gatineau, la proportion d’anglophones n’est supérieure à 10 % que dans quelques agglomérations de recensement peu populeuses, notamment Cowansville (17 %) et Lachute (11 %). Au Nouveau-Brunswick, les francophones sont majoritaires dans trois AR, soit à Edmundston (95 %), à Bathurst (68 %) et dans la partie néo-brunswickoise de Campbellton (61 %), et ils représentent une importante minorité à Moncton (35 %), la RMR la plus populeuse du Nouveau-Brunswick. En Ontario, les francophones ne sont majoritaires qu’à Hawkesbury, petite agglomération de recensement dont une partie se trouve au Québec. Deux RMR ont une importante minorité francophone : au sud-est de la province, la partie ontarienne d’Ottawa-Gatineau avec 155 000 francophones qui représentent 19 % de la population et, au nord-est, Grand Sudbury avec 43 000 francophones qui composent 27 % de la population. Si la RMR de Toronto compte plus de francophones (87 000) que le Grand Sudbury, ceux-ci représentent moins de 2 % de la population. Sauf Cornwall (24 %) au sud-est, les AR qui comptent plus de 10 % de francophones se trouvent toutes au nord-est, soit North Bay (16 %) Elliot Lake (16 %), Temiskaming Shores (29 %) et Timmins (39 %). Au Manitoba, les deux tiers des quelque 41 000 francophones résident dans la RMR de Winnipeg. Une situation analogue se retrouve en Alberta où près des deux tiers des 63 000 francophones vivent dans les RMR d’Edmonton et de Calgary. En Colombie-Britannique, 6 francophones sur 10 habitent dans les RMR de Vancouver et de Victoria. Dans toutes ces RMR de l’Ouest du pays, la proportion de francophones est inférieure à 5 %.
Évolution
L’évolution des majorités et des minorités de langue officielle dépend en partie de l’attribut linguistique considéré. La tendance à la baisse de la proportion tenue par les minorités de langue officielle ne se dément pas, que celles-ci soient définies d’après la langue maternelle ou d’après la langue d’usage prédominante à la maison. Qu’en est-il lorsqu’on élargit la définition à la première langue officielle parlée (PLOP)? De même, pour les majorités de langue officielle définies d’après la langue maternelle ou la langue parlée le plus souvent à la maison, le déclin observé de leur proportion depuis le milieu des années 1980, attribuable à la poussée de l’immigration et à la montée concomitante des tierces langues, est-il atténué, voire renversé lorsqu’elles sont définies d’après la première langue officielle parlée? Enfin, qu’en est-il de l’évolution de la proportion de locuteurs seconds ou non maternels de chacune des langues officielles88?
De 1971 à 2006, la proportion de francophones est passée au Canada de 27 % à 22 % d’après la langue maternelle, de 26 % à 21 % d’après la langue d’usage et de 28 % à 24 % d’après la PLOP (graphique 8.1). Le nombre de francophones a néanmoins continué d’augmenter, quelle que soit la définition adoptée, mais à un rythme plus lent. Ainsi, l’effectif du « français plus » en tant que première langue officielle parlée s’est accru à un taux annuel moyen de 0,7 % de 1971 à 1996 et de 0,5 % de 1996 à 2006. L’écart entre la proportion de francophones définis d’après la PLOP et la proportion de francophones définis d’après la langue maternelle s’est élargi quelque peu au fil des ans, ce qui témoigne de la croissance de l’attraction du français sur les tierces langues. Les déplacements accomplis des groupes de tierce langue maternelle vers l’une ou l’autre des langues officielles ont bondi de 2,4 millions en 1971 à 5,5 millions en 2006 et la part du français est passée de 3 % à 7 %, niveau bien inférieur toutefois au poids des francophones dans la population canadienne.
À l’extérieur du Québec, la proportion de francophones et son évolution de 1971 à 2006 sont presque identiques que ceux-ci soient définis d’après la langue maternelle ou d’après la PLOP (graphique 8.2), passant de 6 % à 4 %. Le nombre de francophones a atteint un sommet en 2006 avec un effectif de 997 000 d’après la catégorie « français plus » de la première langue officielle parlée, nombre qui dépasse de peu celui des francophones d’après la langue maternelle (975 000), mais de beaucoup celui des francophones d’après la langue d’usage prédominante à la maison (605 000), en forte baisse depuis 1971 (676 000). Des très nombreux déplacements accomplis par les groupes de tierce langue maternelle, le français n’en accueille qu’environ 0,5 % en 1971 et en 2006. Si l’on ajoute la moitié des déplacements indécis, la proportion de l’ensemble des déplacements se dirigeant vers le français passe à 1,5 % tant en 1971 qu’en 2006. Le Nouveau-Brunswick fait un peu exception. La proportion de déplacements accomplis vers le français y est passée de 4 % en 1971 à 7 % en 2006 et celle de l’ensemble des déplacements, de 5 % à 9 %. Les déplacements linguistiques y sont toutefois très peu nombreux en raison du faible nombre d’allophones.
Au Québec, la proportion tenue par les anglophones a évolué à la baisse de 1971 à 2001, en prolongement d’une tendance qui ne se dément pas depuis plus d’un siècle. Le rythme de la baisse est plus rapide d’après la langue maternelle que d’après la langue parlée le plus souvent à la maison et il est encore plus lent d’après la première langue officielle parlée (graphique 8.3). Ainsi, de 1971 à 2001, la proportion tenue par l’« anglais plus » en tant que première langue officielle parlée est passée de 16,5 % à 12,9 %, soit une baisse de 3,6 points, par comparaison à une réduction de 4,2 points pour l’anglais comme langue parlée le plus souvent à la maison (de 14,7 % à 10,5 %) et de 4,8 points pour l’anglais en tant que langue maternelle (de 13,1 % à 8,3 %). Un renversement a été observé de 2001 à 2006 en raison, en bonne partie, de pertes migratoires au profit du reste du pays beaucoup plus faibles que par le passé89. Pour toutes les définitions de la population anglophone, les effectifs se sont accrus de manière plus ou moins importante, encore que les nombres observés en 2006 soient encore bien loin du sommet de 1971 pour la langue maternelle anglaise (607 000 en 2006 contre 789 000 en 1971) et pour l’anglais, langue parlée le plus souvent à la maison (788 000 en 2006 contre 889 000 en 1971). Pour l’« anglais plus » en tant que première langue officielle parlée, l’effectif observé en 2006 (995 000) est légèrement plus élevé qu’en 1971 (992 000). Quant à la proportion d’anglophones, si elle a diminué très légèrement d’après la langue maternelle (de 8,3 % à 8,2 %) de 2001 à 2006, elle a augmenté plus d’après la première langue officielle parlée (de 12,9 % à 13,4 %) que d’après la langue parlée le plus souvent à la maison (de 10,5 % à 10,6 %). Cet écart de plus en plus grand entre d’une part l’effectif et la proportion de l’« anglais plus » en tant que première langue officielle parlée et d’autre part l’effectif et le poids de la langue maternelle anglaise résulte de la poussée des tierces langues maternelles et de la hausse de leurs déplacements linguistiques. De 1971 à 2006, le nombre total des déplacements est passé de 309 000 à 844 000 et celui des déplacements accomplis de 241 000 à 641 000. Bien que la proportion de déplacements vers l’anglais ait diminué de 1971 à 2006, de 66 % à 47 % pour l’ensemble des déplacements et de 70 % à 46 % pour les déplacements accomplis, leur nombre par rapport à l’effectif de langue maternelle anglaise est beaucoup plus important en 2006 qu’en 1971. Il en résulte une forte hausse du rapport de l’effectif de l’« anglais plus » comme première langue officielle parlée à l’effectif de population de langue maternelle anglaise, soit de 1,26 en 1971 à 1,64 en 2006.
La majorité anglophone vivant au Canada à l’extérieur du Québec a enregistré une baisse de la proportion qu’elle tient dans la population au cours des vingt dernières années en raison de la poussée de l’immigration et, par conséquent, de la montée des tierces langues maternelles (graphique 8.4). De 1991 à 2006, la proportion d’anglophones définis d’après la langue maternelle a diminué rapidement, de 77,7 % à 73,3 %, et il en a été de même de la proportion d’anglophones définis d’après la langue d’usage prédominante à la maison, de 87,6 % à 84,2 %. Grâce aux déplacements des tierces langues vers l’anglais, la proportion tenue par l’« anglais plus » en tant que première langue officielle parlée s’est maintenue à un niveau très élevé et elle a même légèrement augmenté, de 93,7 % en 1991 à 94,0 % en 2006.
Au Québec, au cours des vingt dernières années, la hausse de l’immigration a aussi pesé sur l’évolution de la proportion de francophones définis d’après la langue maternelle, passant de 80,7 % en 1971 à 82,5 % en 1981 et à 81,4 % en 2001; elle a ensuite chuté à 79,6, soit une perte de 1,5 point en cinq ans (graphique 8.5). Sauf au cours du dernier lustre, la baisse de la proportion de francophones fut atténuée par le déclin de la proportion d’anglophones. Les mouvements de la proportion de francophones définis d’après la langue parlée le plus souvent à la maison sont semblables à ceux que nous venons de décrire. La proportion est à même hauteur en 1971, soit 80,8 %, puis évolue à la hausse jusqu’en 1991 pour atteindre 83,0 %, varie peu par la suite pour finalement chuter de 83,1 % en 2001 à 81,8 % en 2006, soit une perte de 1,3 point en cinq ans. L’évolution du poids des francophones définis d’après la première langue officielle parlée (français plus) est plus régulière, car il affiche une hausse de 82,5 % en 1971 à 86,3 % en 2001, puis descend à 85,7 % en 2001, une baisse de 0,6 point, plus faible que pour les deux autres variables. La hausse pour l’anglais est de 0,5 point (de 12,9 % en 2001 à 13,4 % en 2006). Grâce aux déplacements des tierces langues maternelles vers le français, l’écart entre la proportion tenue par le « français plus » comme première langue officielle parlée et la proportion du français en tant que langue maternelle est passée de 1,8 point en 1971 à 3,8 points en 1991 et à 6,1 points en 2006, par comparaison, pour l’anglais, à des écarts de 3,4 points en 1971, 4,1 points en 1991 et 5,2 points en 2006. La proportion de déplacements des tierces langues maternelles vers le français a augmenté de 1971 à 2006, de 34 % à 53 % pour l’ensemble des déplacements et de 30 % à 54 % pour les déplacements accomplis.
Au Québec comme dans le reste du pays, tant pour les majorités que pour les minorités de langue officielle, la proportion de locuteurs seconds ou non maternels de chaque langue officielle a évolué à la hausse au cours des dernières décennies. À l’extérieur du Québec, la proportion de locuteurs seconds du français est restée assez faible, bien qu’elle ait néanmoins progressé de 2 % en 1961, à 3 % en 1971 et à 7 % en 2006. Au Québec, celle-ci a augmenté plus rapidement, passant de 6 % en 1961 à 8 % en 1971 et à 15 % en 2006. Ces valeurs ne donnent pas une bonne idée de la prévalence de la connaissance du français dans la population dont le français n’est pas la langue maternelle, car celle-ci ne représente qu’environ 20 % de la population québécoise. La connaissance du français parmi les non-francophones y est passée de 33 % en 1961, à 40 % en 1971, à 64 % en 1991 et à 73 % en 2006. Quant à la proportion de locuteurs seconds de l’anglais au Québec, elle a enregistré une hausse importante de 25 % en 1971 à 37 % en 2001, puis a stagné en 200690.
Répartition par âge
L’évolution de la répartition par âge des groupes linguistiques définis d’après la langue maternelle a fait l’objet d’une analyse sommaire au chapitre 5. Celle-ci sera complétée par une étude comparative, au moyen du Recensement de 2006, des statistiques précédentes avec la répartition par âge des groupes linguistiques définis d’après la première langue officielle parlée.
Le nombre de francophones vivant à l’extérieur du Québec s’élève à 997 000 d’après la première langue officielle parlée (PLOP) et à 975 000 d’après la langue maternelle, le premier nombre dépassant le second par 2 %. Des gains nets sont enregistrés parmi les moins de 50 ans, sauf chez les 0 à 4 ans, et des pertes nettes parmi les 50 ans ou plus (graphique 8.6). Cela signifie qu’à ces âges plus avancés les gains que procurent les déplacements des tierces langues maternelles vers le français ne compensent pas les pertes occasionnées par les déplacements vers l’anglais, attribuables notamment aux personnes de langue maternelle française qui ne peuvent plus soutenir une conversation dans cette langue. Parmi les plus jeunes, les gains nets en pourcentage dépassent de loin la moyenne générale (tous âges confondus) de 2 % parmi les 5 à 9 ans (7 %) et surtout les 10 à 14 ans (12 %) ainsi que les 15 à 19 ans (11 %); les pourcentages diminuent au-delà de ces âges, mais restent supérieurs à la moyenne jusqu’au groupe d’âge 40 à 44 ans. Ce profil se retrouve dans presque toutes les provinces : gains nets (parfois négatifs) en pourcentage inférieurs à la moyenne chez les 0 à 4 ans et au-delà de 50 ans, pourcentages supérieurs à la moyenne dans les groupes d’âge compris entre 5 à 9 ans et 45 à 49 ans avec un sommet aux âges scolaires, entre 5 et 20 ans, voire 25 ans. Si l’Ontario affiche sensiblement le même profil, on n’y enregistre pas de pertes nettes au-delà de 50 ans, la moyenne d’ensemble des gains nets atteignant 5 %. Autre province à forte proportion d’allophones, la Colombie-Britannique enregistre aussi une moyenne d’ensemble de 5 %, mais avec des gains nets en pourcentage très élevés entre 5 et 24 ans, mais de fortes pertes nettes en pourcentage au-delà de 50 ans.
Graphique 8.6 Répartition par âge de la population francophone, Canada à l'extérieur du Québec, 2006
Le nombre d’anglophones au Québec s’élève à 995 000 s’ils sont définis d’après la PLOP et à 607 000 lorsqu’ils le sont d’après la langue maternelle, le premier nombre dépassant le second par 64 %. Des gains nets sont enregistrés à tous les âges (graphique 8.7). Leurs proportions sont toujours supérieures à 50 %, sauf chez les moins de 20 ans où elles restent néanmoins supérieures à 30 %. Elles atteignent un sommet parmi les adultes d’âge moyen, de 25 à 44 ans, avec des poussées au-delà de 100 % à 30 à 34 ans et à 35 à 39 ans. De l’ensemble des déplacements nets vers le français ou l’anglais, l’anglais en reçoit 46 % et le français, 54 %. Les déplacements linguistiques considérables vers l’anglais, compte tenu de son poids relatif, ont pour conséquence une très grande diversité de la population anglophone. La proportion de déplacements vers l’anglais se situe entre 48 % et 50 % dans les groupes d’âge compris entre 20 à 24 ans et 45 à 49 ans, un sommet qui n’est dépassé que parmi les 80 ans et plus (53 %).
Graphique 8.7 Répartition par âge de la population anglophone, Québec, 2006
Lorsqu’ils sont définis d’après la PLOP, le nombre de francophones au Québec s’élève à 6 373 000, par comparaison à 5 917 000 s’ils le sont d’après la langue maternelle, le premier nombre dépassant le second de 8 %. Des gains nets sont enregistrés à tous les âges (graphique 8.8). La proportion de gains nets est nettement supérieure à la moyenne entre 30 et 39 ans (12 %), encore que la valeur enregistrée soit bien inférieure à celle de la population anglophone. Dans l’ensemble des déplacements nets vers le français ou l’anglais, la proportion qui se dirige vers le français est, à tous les âges, égale ou supérieure à 50 %, sauf parmi les 80 ans et plus (47 %). Le sommet est atteint parmi les moins de 20 ans : 65 % à 0 à 4 ans, 68 % à 5 à 9 ans, 64 % à 10 à 14 ans et 58 % à 15 à 19 ans. Dès le groupe d’âge suivant, 20 à 24 ans, la proportion (51 %) passe sous la moyenne d’ensemble (54 %).
Graphique 8.8 Répartition par âge de la population francophone, Québec, 2006
Vue d’ensemble
Le français et l’anglais sont les deux langues officielles du Canada. L’une ou l’autre ou l’une et l’autre font l’objet d’un usage généralisé dans les domaines publics. Dans la famille et les relations amicales, bien d’autres langues sont employées quotidiennement. Ces langues tierces ont pris une importance accrue à la faveur d’une forte immigration depuis le milieu des années 1980. Une nouvelle variable, la première langue officielle parlée, a été créée afin de procurer une approximation de la langue officielle que les allophones (les locuteurs maternels de ces langues tierces) sont le plus susceptibles d’utiliser ou de vouloir utiliser dans les domaines publics, en particulier dans les services fédéraux. La première langue officielle parlée combine les renseignements que fournissent trois questions posées dans les recensements décennaux depuis 1971 et de la mi-décennie depuis 1986 : celle sur la capacité de parler français et/ou anglais, celle sur la langue maternelle et celle sur la langue parlée le plus souvent à la maison.
La proportion de la population canadienne ayant l’anglais comme première langue officielle parlée est en croissance régulière depuis que la donnée existe, passant de 71 % en 1971 à 75 % en 2006, tandis qu’à l’inverse, au cours de la même période, le français a reculé de 27 % à 24 %. Cette baisse est attribuable en grande partie à une attraction du français sur les tierces langues maternelles bien inférieure à son poids relatif dans la population, encore que la part du français dans l’ensemble de leurs déplacements linguistiques ait passé de 5 % en 1971 à 9 % en 2006. De plus, le nombre de francophones s’est accru à un taux annuel moyen de 0,6 % de 1971 à 2006.
Les francophones du pays sont de plus en plus concentrés au Québec qui regroupait 86 % d’entre eux en 2006, par comparaison à 84 % en 1971. La majorité des francophones vivent dans une vaste région essentiellement francophone au cœur du Québec avec un léger débordement au Nouveau-Brunswick. Cette région avait une population de 4,2 millions d’habitants en 2006 et se composait de 97 % de francophones. Celle-ci regroupait 55 % des francophones du pays.
Au Québec, la proportion de la population dont la première langue officielle parlée est le français est en hausse de 1971 (82,5 %) à 2001 (86,3 %), un sommet depuis plus d’un siècle, mais a fléchi à 85,7 % en 2006. Ces mouvements sont inversés pour l’anglais qui a vu son poids relatif fléchir de 1971 (16,5 %) à 2001 (12,9 %) pour ensuite remonter à 13,4 % en 2006. La hausse récente de la proportion d’anglophones est en rupture avec une tendance à la baisse qui persistait depuis plus d’un siècle. La poussée des anglophones s’explique en bonne partie par des pertes migratoires au profit du reste du pays beaucoup plus faibles que par le passé. De plus, la part de l’anglais dans l’ensemble des déplacements linguistiques des tierces langues maternelles a diminué, pour passer de 66 % en 1971 à 47 % en 2006, ce qui reste toutefois bien supérieur à son poids relatif dans la population québécoise. Son attraction est telle que, chez les jeunes adultes, plus de 50 % des anglophones ont une langue maternelle tierce.
Le nombre de francophones vivant à l’extérieur du Québec s’accroît à un rythme relativement lent depuis une quinzaine d’années, passant de 969 000 en 1991 à 997 000 en 2006, soit à un taux de croissance annuel moyen de 0,2 %. Leur proposition dans la population a diminué régulièrement de 1971 (6,1 %) à 2006 (4,2 %). La part du français dans les déplacements linguistiques de plus en nombreux des allophones a peu varié autour de 1,5 % de 1971 à 2006. Les déplacements vers le français concernent essentiellement les moins de 50 ans et en particulier les jeunes d’âge scolaire. Cet ajout atténue quelque peu la baisse rapide du nombre de personnes de langue maternelle française d’un groupe d’âge au précédent à partir du groupe d’âge 45 à 49 ans, baisse consécutive à la chute de la fécondité.
Notes
- 76Le Nunavut fait exception, car, d’après le Recensement de 2006, 70 % des quelque 30 000 habitants ont l’inuktitut pour langue maternelle et près de 80 % de la population connaît cette langue, encore que 9 habitants sur 10 aient aussi déclaré pouvoir tenir une conversation en anglais et un sur 25, en français.
- 77En 2006, 10 % des travailleurs allophones utilisaient le plus souvent une tierce langue au travail (y compris les cas d’utilisation à égalité avec une langue officielle). Dans certains milieux, le phénomène était plus fréquent. Ainsi, dans la région métropolitaine de recensement de Vancouver, 30 % des travailleurs de langue maternelle chinoise l’utilisaient le plus souvent au travail.
- 78Parcourir à ce propos le diaporama intitulé « La diversité de la francophonie canadienne » (Lachapelle, 2009) , mise en oeuvre de l'article 41 de la Loi sur les langues officielles et consulter le DVD-ROM Portrait des communautés de langue officielle au Canada (Statistique Canada, 2009).
- 79Bien entendu, rien n’empêche un analyste d’avoir plutôt recours à la méthode II. L’une ou l’autre des déclinaisons de la variable peut aussi être utilisée à d’autres fins.
- 80Voir le chapitre 1.
- 81Voir le chapitre 2.
- 82Voir le tableau 1.2 au chapitre 1.
- 83La répartition entre le français et l’anglais des déplacements accomplis s’écartent toujours un peu plus de la répartition à parité que l’ensemble des déplacements, car les déplacements accomplis excluent les déplacements indécis répartis d’office en deux parts égales.
- 84Voir le tableau 1.2 au chapitre 1.
- 85Plus exactement 85,7 %, pourcentage des francophones (français plus) dans l’ensemble du Québec.
- 86C’est un peu plus que la population de la Colombie-Britannique.
- 87Les régions métropolitaines de recensement ont une population d’au moins 100 000 habitants et les AR, d’au moins 10 000 et de moins de 100 000 habitants (voir l’encadré du chapitre 1).
- 88Cette proportion sera toujours légèrement sous-estimée puisqu’elle repose sur l’hypothèse que toutes les personnes qui ont le français ou l’anglais pour langue maternelle peuvent soutenir une conversation dans cette langue.
- 89Voir le chapitre 6.
- 90Il convient d’être prudent dans l’interprétation de ces données. Voir à ce propos l’annexe sur la qualité des données.