ÉDUCATION DANS LA LANGUE DE LA MINORITÉ

école

En 2005-2006, Patrimoine canadien a investi 179,4 millions de dollars afin d'offrir aux Canadiens et Canadiennes d'expression française et anglaise en situation minoritaire un enseignement de qualité dans leur langue. Les initiatives s'adressent ainsi aux francophones à l'extérieur du Québec et aux anglophones du Québec.

1. CE QU'ON VISE :

Offrir aux Canadiens et Canadiennes en situation minoritaire la possibilité de suivre, dans leur langue, un enseignement de qualité comparable à celui qui est offert à la majorité.

2. CE QU'ON LIVRE :

  • Développement et soutien de programmes d'enseignement dans la langue de la minorité;
  • Promotion auprès des ayants droit de l'enseignement du français langue première;
  • Recrutement, formation et perfectionnement des enseignants en milieu minoritaire;
  • Enrichissement de la vie culturelle des élèves par des activités artistiques;
  • Offre de services pédagogiques visant à améliorer les compétences des élèves en langue première;
  • Accès aux études postsecondaires au moyen de nouvelles technologies.

3. CE QU'ON ACCOMPLIT (EXEMPLES):

  • TFO, la chaîne de télévision éducative et culturelle de l'Ontario français, co-produit la série jeunesse Je vis ta vie, lauréat du Prix du multiculturalisme aux Gémeaux de 2005;
  • Le Passeport francophone communautaire a donné la chance en 2005 à 315 élèves de 8e et 9e année du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique de participer à des colonies de vacances dont les activités se déroulent en français;
  • L'île-du-Prince-Édouard a annoncé la construction d'un centre scolaire-communautaire dans la région de Prince-Ouest et prévoit accueillir quelque 100 élèves des communautés acadiennes et francophones de cette région en janvier 2007;
  • Dans les Territoires du Nord-Ouest, la deuxième école francophone vient d'ouvrir ses portes. L'école Boréale à Hay River est en mesure d'accueillir 110 élèves, de la maternelle à la 8e année;
  • Les enseignants de français à l'échelle du pays pourront bientôt profiter d'une trousse de formation en communication orale, de même que d'une trousse de formation sur les stratégies en matière de lecture et d'écriture.

Proportion des communautés de langue officielle en situation minoritaire selon la province/territoire, Canada, 2001

Collaboration intergouvernementale

Le Ministère et le Conseil des ministres de l'Éducation (Canada) [CMEC] entretiennent des relations de longue date – celles-ci remontent à 35 ans – dans le domaine de l'enseignement des langues officielles. En 2005-2006, le Ministère et le CMEC ont renouvelé le Protocole d'entente relatif à l'enseignement dans la langue de la minorité et à l'enseignement de la langue seconde, lequel sera en vigueur jusqu'en 2008-2009. Ce Protocole régit la collaboration entre le gouvernement du Canada et chaque gouvernement provincial ou territorial en matière d'éducation dans les langues officielles. Près de 1,1 milliard de dollars seront versés par le gouvernement fédéral au cours des quatre prochaines années, dont 108 millions environ pour la mise en œuvre de bourses de langue et de programmes de moniteurs de langue, et 911,5 millions dans le cadre d'ententes bilatérales avec chaque province et territoire.

Ententes bilatérales

La Ministre de la Coopération internationale et ministre de la Francophonie et des Langues officielles a signé avec les 13 provinces et territoires des ententes bilatérales assorties de plans d'action. Il s'agit d'ententes à frais partagés. Pour chaque dollar investi, les provinces et territoires investissent une somme équivalente. Des 911,5 millions de dollars que Patrimoine canadien s'est engagé à verser, 656 millions de dollars seront consacrés au maintien et à l'amélioration des programmes réguliers d'enseignement des provinces et territoires. De plus, des sommes de 153,3 millions et 102,2 millions, respectivement, sont consacrées à l'appui des stratégies additionnelles relativement à des enjeux particuliers quant à l'enseignement dans la langue de la minorité et l'apprentissage de la langue seconde.

À cette fin, chaque gouvernement provincial et territorial a élaboré des plans d'action pluriannuels qui font partie intégrante de son entente bilatérale. Ces plans d'action précisent de quelles façons ces sommes seront dépensées.

Les ententes intergouvernementales prévoient également des mécanismes de consultation avec les principaux intervenants du secteur de l'éducation et un cadre d'imputabilité qui permettra aux deux paliers de gouvernement de mieux communiquer au public les résultats de cette collaboration.

Promotion de l'accès et intégration

Plusieurs initiatives dans ce domaine ont reçu l'appui de Patrimoine canadien. Ce secteur d'investissement a pour objectifs d'augmenter le nombre d'élèves ayants droit fréquentant les écoles primaires, de les maintenir dans le système scolaire minoritaire au secondaire et de favoriser le recrutement des élèves issus des familles exogames. Au Québec, le maintien et/ou l'augmentation des effectifs scolaires, particulièrement en région, sont visés. Dans l'Ouest canadien, la Saskatchewan a amorcé en 2005-2006 l'établissement d'ici 2009 de onze programmes d'intégration et de onze maternelles en français langue première. Ces initiatives servent à préparer les enfants à l'école française en les intégrant au système francophone dès leur jeune âge. On s'attend à une hausse des inscriptions dans les écoles de langue française grâce à ces programmes, ainsi qu'au maintien d'un plus grand nombre d'élèves dans le système francophone.

Au Manitoba, le ministère de l'Éducation, de la Citoyenneté et de la Jeunesse, par l'entremise de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), a mis en place une initiative visant l'augmentation de la participation des ayants droit à l'école francophone, pour qu'elle passe de 33 p. 100 à 36 p. 100 d'ici 2009. Cette nouvelle approche cible de manière particulière les foyers interlinguistiques où les cultures française et anglaise se côtoient. Une étude de marché entend cerner les raisons qui motivent les parents à inscrire ou à ne pas inscrire leurs enfants à l'école française. Les résultats orienteront les efforts de promotion des programmes et services.

Par ailleurs, le projet Passeport francophone communautaire assure la rétention des élèves dans les écoles secondaires du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et favorise le développement du sentiment d'appartenance à la communauté. Ce projet encourage les élèves à participer à une variété d'activités de développement de la communauté francophone en cumulant des points de participation qui permettent de participer à des voyages éducatifs qui contribuent à briser l'isolement linguistique et géographique. Ainsi, des élèves de 8e et 9e année participent en nombre croissant à des colonies de vacances en Colombie-Britannique et en Saskatchewan où les activités se déroulent en français. Au total, 315 élèves ont participé en 2005-2006, comparativement à 295 l'année précédente. De plus, 15 élèves de 10e année ont pris part à la seconde édition d'un programme d'échange de cinq semaines avec le Québec.

Dans les Territoires du Nord-Ouest, l'école francophone Boréale à Hay River ouvrait ses portes. Ce deuxième établissement d'enseignement en français langue première dans les Territoires peut accueillir 110 élèves, de la maternelle à la 8,e année.

De l'aide aux enseignants de français à l'échelle du pays

La phase II du Projet pancanadien de français langue première, initiative appuyée dans le cadre d'une entente avec le Conseil des ministres de l'Éducation (Canada) (CMEC), se soldera d'ici 2007-2008 par la préparation d'une trousse de formation en communication orale, de même qu'une trousse de formation sur les stratégies en matière de lecture et d'écriture à l'intention des professeurs de français langue première.

Une chaîne de télévision éducative en Ontario se démarque

Avec l'appui du ministère de l'Éducation de l'Ontario et du ministère du Patrimoine canadien, TFO produit et co-produit des émissions éducatives et des guides pédagogiques à l'intention des Franco-Ontariens. Sa série jeunesse « Je vis ta vie » a remporté le Prix du multiculturalisme lors du 20e Gala des Gémeaux en décembre. Cette émission propose aux jeunes de 8 à 12 ans de différentes origines et régions du Canada de faire un échange de situation de vie pendant une semaine. Chaque épisode présente l'expérience d'un jeune.

Qualité des programmes et enrichissement culturel du milieu scolaire

Les investissements dans ce secteur d'activités visent à maintenir au sein des systèmes d'éducation minoritaires le plus grand nombre possible d'élèves. Le ministère a contribué à élaborer des programmes, approches et ressources pédagogiques adaptées, des initiatives d'enrichissement culturel et d'enracinement communautaire des écoles et à mettre en place des initiatives de revitalisation du secondaire. De plus, ces investissements ont permis de mettre à contribution des nouvelles technologies de communication et d'améliorer l'évaluation des compétences des élèves. Les provinces de l'Atlantique ont également été actives dans ce secteur. C'est au Nouveau-Brunswick que s'ouvrait en 1978 le premier centre scolaire-communautaire du pays. Ce dernier, le Centre communautaire Sainte-Anne, à Fredericton, fait présentement l'objet d'un agrandissement, de même que le Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain, à Saint John. La ministre de la Francophonie et des Langues officielles a participé au lancement des travaux d'agrandissement du Centre scolaire communautaire Sainte-Anne, dont les rénovations devraient être terminées en 2008.

L'Île-du-Prince-Édouard a, pour sa part, amorcé la construction d'un centre scolaire-communautaire dans la région de Prince-Ouest dont l'ouverture est prévue au début 2007. Celui-ci permettra de répondre aux besoins en matière d'enseignement en français, de la 1re à la 12e année, de quelque 100 élèves des communautés acadiennes et francophones de cette région. Il fera partie du réseau d'une vingtaine de centres répartis à l'échelle du pays, lesquels jouent un rôle crucial dans l'essor de la langue et la culture françaises au Canada.

Terre-Neuve-et-Labrador offre des services spécialisés en vue d'améliorer les résultats des élèves des écoles de français langue première. Ceux-ci prennent la forme de services de personnes-ressources, de ressources supplémentaires et d'équipement pédagogique.

construction du centre communautaire st-anne

À l'occasion du lancement des travaux d'agrandissement du Centre communautaire Sainte-Anne, Josée Verner et Bernard Lord, premier ministre et ministre des Affaires intergouvernementales du Nouveau-Brunswick.

Personnel enseignant et services d'appui à l'enseignement

Les projets appuyés touchent le recrutement et la formation de personnel enseignant et de spécialistes, ainsi que l'intégration des nouvelles technologies aux pratiques d'enseignement.

Au Nunavut, une commission scolaire a été mise sur pied pour gérer la seule école francophone, l'école des Trois-Soleils. Cette mesure permettra à la communauté francophone de progressivement prendre en charge la pleine gestion de ses responsabilités en matière d'éducation, avec l'aval du ministère de l'Éducation du Nunavut. Les ayants droit francophones au Nunavut se chiffrent à près de 400 personnes, dont une bonne partie utilisent l'anglais ou l'inuktitut à la maison. Pour cette raison, il est important de leur offrir des initiatives de francisation. Patrimoine canadien a également appuyé les efforts mis de l'avant par le personnel de la bibliothèque de l'école afin de mettre en place des activités de lecture et de conversation destinées aux élèves qui ont un retard linguistique.

Amélioration de l'accès à des études postsecondaires

L'amélioration de l'accès à des études postsecondaires englobe la création de nouveaux programmes, le développement de mesures de transition du secondaire au postsecondaire, l'enseignement à distance et la mise en place d'infrastructures institutionnelles.

Au Yukon, l'enseignement à distance de cours postsecondaires est offert depuis trois ans aux personnes qui désirent parfaire leur éducation et assurer ainsi leur compétitivité sur le marché du travail. Ces cours contribuent ultimement à freiner l'exode des membres de la communauté francophone. En outre, les Services d'orientation et de formation aux adultes (SOFA) se veulent un guichet unique de services de perfectionnement professionnel.

Accès accru à la formation à distance dans l 'Ouest

L'Alberta dirige la recherche et le développement d'initiatives interprovinciales et territoriales en matière d'enseignement dans la langue de la minorité. Ces projets visent à développer des projets multimédias ainsi que la technologie pour augmenter les possibilités de formation à distance pour les étudiants de niveau post secondaire. Par exemple, le campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta met au point des cours en ligne menant à la maîtrise en éducation pour les étudiants du Yukon, de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan. Le campus Saint-Jean permet aussi à l'Alberta de participer à plusieurs activités de recherche multidisciplinaire dirigées par le Bureau de recherche et d'expansion du Centre d'en seignement et de recherche en français (CERF).

étudiants après le secondaire

En Ontario, différentes initiatives visent notamment à accroître la participation des francophones aux études postsecondaires en français. Les projets en cours ciblent entre autres la clientèle des apprenants des métiers et des nouveaux arrivants. Une attention particulière est accordée à la promotion des nouveaux secteurs de la santé, des services sociocommu-nautaires et des technologies. En 2005, le Collège Boréal, à Sudbury, fêtait son dixième anniversaire. Il a décerné au fil des ans plus de 7 300 diplômes et certificats d'études dans divers programmes d'apprentissage. La Cité collégiale, à Ottawa, fêtait son quinzième anniversaire et offre une formation chaque année à plus de 10 000 étudiants à temps plein et à temps partiel. Au Nouveau-Brunswick, le campus de Shippagan de l'Université de Moncton a mis au point un programme de baccalauréat en gestion intégrée des zones côtières, qui sera offert à compter de septembre 2007. Répondant à des besoins régionaux, ce programme formera des professionnels capables d'assurer le développement socio-économique des communautés côtières en lien avec leur milieu naturel.

Pour sa part, le Québec prévoit mettre sur pied d'ici 2007 quinze écoles commu-nautaires (Learning Centres) par le biais d'ententes avec des écoles de langue anglaise. Ces centres offriront une vaste gamme de services et d'activités après les heures de classe en vue de répondre aux besoins des élèves, des familles et des membres de la communauté. Ce projet, qui s'inspire des centres scolaires-communautaires ailleurs au pays, de même que de modèles en Angleterre et aux États-Unis, contribuera à la vitalité de la communauté anglophone du Québec.

Appui complémentaire à l'apprentissage linguistique

Un total de 355 jeunes ont participé à ces programmes d'enrichissement du français et de moniteurs de langue seconde en 2005-2006.

Données préliminaires de l'été à l'appui des objectifs d'éducation dans la langue de la minorité :

  • Destination Clic-136 jeunes francophones de milieu minoritaire ont enrichi leur français.

Programme d'enrichissement du français qui s'adresse spécifiquement aux francophones de l'extérieur du Québec et qui offre aussi la possibilité d'échanger et de découvrir les réalités des différentes communautés francophones du Canada. Les cours sont thématiques et sont offerts dans quatre établissements, soit à l'Université de Moncton, au Centre linguistique du Collège de Jonquière, à l'Université du Québec à Trois-Rivières et à l'Université d'Ottawa.

  • Accent-123 jeunes francophones de partout au Canada ont travaillé dans des écoles de la minorité.

Programme de moniteurs de langues à temps partiel qui offre un emploi à temps partiel permettant d'acquérir de l'expérience en classe sous forme d'appui aux enseignants tout en poursuivant ses études dans une autre province. Ce programme offre la possibilité de faire connaître une autre culture à des jeunes d'un autre coin du Canada, tout en découvrant la leur. Il permet aussi à des jeunes qui apprennent le français de découvrir la richesse de cette langue et de sa culture.

  • Odyssée – 96 jeunes francophones et anglophones de partout au Canada ont écoles travaillé dans des écoles de la minorité.

Programme de moniteurs de langues à temps plein qui permet aux jeunes de découvrir durant neuf mois une région du Canada en plus d'acquérir l'expérience d'enseignement à temps plein. En appuyant le travail des enseignants, les moniteurs de langues contribuent à favoriser l'apprentissage du français langue première ou langue seconde tout en apportant d'autres perspectives culturelles.

enfants et peintures

Association franco-yukonnaise.

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